Akio Noya UENISHI

Akio Noya UENISHI a rédigé la thèse "Formel, Objectal, Stylisation : Recherches sur la Désunification épistémique et comparative des Métaconcepts" au sein du Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie, soutenue en décembre 2020.
Il est également membre du Groupe de Recherche d’Épistémologie Clinique Comparative de l’Hôpital Universitaire de la Pitié-Salpêtrière, du Groupe de Recherche en Épistémologie au Collège de France, et du Séminaire de l’Institut Jean-Nicod à l’EHESS.

Contact : noyaakio@yahoo.fr
Page personnelle : https://sites.google.com/site/akionoyauenishi/

Résumé de la thèse : De nos jours, il est possible de préciser quels sont les caractères du « style français » d’épistémologie et d’histoire des sciences. Ils sont perceptibles notamment aux observateurs étrangers qui parlent du « french network », du « french debate » ou encore de la « french theory », plutôt que de la succession de systèmes originaux (Brunschvicg, Bachelard, Cavaillès, Gueroult, Vuillemin, Granger, Foucault, etc.). Toutefois, nous avons le plus grand mal à saisir leur commun d’un courant spécifique défini de manière univoque. La difficulté surgit du fait que ces philosophes opèrent au travers d’une dynamique désunificatrice du discours rationnel. Cette dynamique de désunion est aussi le point culminant qui les relie, même si leur fécondité apparaît par leurs opacités et leur flou. Elle démontrera les opérations obliques et irrégulières qui ont été envisagées dans cette thèse. Élucider une réflexivité, vérifier ou montrer un échec ou un aléa, rationaliser une discontinuité, individualiser ou désunifier un style, etc. C’est ce que ces philosophes ont vu en philosophie avec vigueur et précision.

Cette thèse se divise en trois parties principales dans deux Livres qui s’intitulent :
— Livre I : Question de Métaconcept du Fait au Droit.
— Livre II : Question de Métaconcept de la Forme à la Norme.

Le Livre I, composé dans les Partie I-II, comprendra l’histoire critique de la manière métaconceptuelle de la philosophie ou l’histoire diatopique de l’épistémologie comparative. Nous y examinerons les conditions de possibilité du passage du « fait » de l’histoire de la « philosophie du métaconcept », au « droit » de sa manière, en même temps que nous déterminerons la réalité des philosophies présentes dans cette histoire.
La Première Partie comprendra les Sections I-II, où nous proposerons d’analyser quatre systèmes en tant qu’émergence de la raison réflexive et opératoire : Boutroux, Goblot, Couturat et Brunschvicg. Dans la Première Section, nous tenterons d’abord d’analyser les trois premiers systèmes : Boutroux, Goblot, Couturat. La Section II présentera ensuite le système brunschvicgien qui synthétise les systèmes de ses « devanciers » qui nous ont fourni le point de vue de recherche sur l’idée de « réflexion critique » et la notion d’« opération ». En effet, c’est dans l’épistémologie historico-critique de Brunschvicg que les points de vue réflexif, critique, positif et opératoire sont harmonieusement unis. En examinant cette épistémologie, nous pourrons achever nos études sur l’environnement épistémologique de ses « successeurs » : Bachelard, Gonseth, Gueroult, Piaget, Cavaillès et Lautman.
La Deuxième Partie comprendra les Sections III-V, où nous proposerons d’analyser trois lignées de systèmes comme élucidation (méta-)réflexive, (méta-)critique, (dia-)topique : Bachelard, Cavaillès, Gueroult, et leurs collaborateurs. Toute région métaconceptuelle comporte une systématisation ou stylisation spécifique et constitutive. Pour chaque façon, ces relations métaconceptuelles sont différemment aperçues selon la distance qui sépare leurs doublets fondamentaux et la manière d’élucider cette distance elle-même, en se spécifiant en une multitude de sous-types posant et résolvant chacun le problème à sa manière. En outre, les solutions varieront selon le point de départ choisi pour s’attacher entre ces doublets.

Le Livre II, n’étant composé qu’en Partie III, déterminera les conditions de possibilité du passage de la « forme » de la philosophie du métaconcept à la « norme » de sa manière, en même temps que nous déterminerons la réalité des philosophies présentes dans cette histoire. Granger présentait déjà le programme de l’« épistémologie comparative » entre « sciences exactes » et « sciences humaines », en visant à la philosophie de la normativité scientifique qui a été comprise comme construction et application des « formes » aux « normes » dans l’activité humaine.
La Partie III comprendra les Sections VI-IX, où nous proposerons d’analyser la philosophie du métaconcept et l’épistémologie de la diatopique comparative qui ont été créées par Gilles Granger, issues des travaux de ses maîtres (Bachelard, Cavaillès, Gueroult), en collaboration notamment avec son élève Joëlle Proust :
— Dans la Section VI, nous analyserons la genèse et les exigences des héritages métaconceptuels des systèmes philosophiques chez Granger. Le rapprochement de ses maîtres Bachelard-Cavaillès-Gueroult n’enveloppe nulle contradiction : ils défendaient ensemble la pensée rationnelle, en rappelant la philosophie aux exigences de la preuve. En envisageant leurs programmes et en bénéficiant aussi d’une autre culture (tradition analytique issue de Frege, Russell, Wittgenstein, Strawson, Dummett, etc.), une grande partie de la réflexion métaconceptuelle de Granger s’est appliquée.
— Dans la Section VII, nous nous attacherons à la (méta-)structuration syntaxico-symbolique des concepts, en opérant les métaconcepts d’« opposition de forme-contenu » (il s’agira ici de la modalité même de la connaissance). En supposant la distinction entre les « impressions » et la « représentation » comme production symbolique du sujet, la rationalité épistémique et syntaxico-symbolique déterminera les conditions de représentation des faits actuels par les objets virtuels dans les systèmes organisés. S’il s’agit de la connaissance scientifique, sa forme devra naturellement être rationnelle, indépendamment de toute rationalité qui a été supposée du contenu décrit et expliqué (la normativité scientifique consistera en cette nature).
— Dans la Section VIII, nous nous attacherons à examiner la (méta-)vérification sémantico-technique des objets, en manipulant les métaconcepts de « dualité d’opération-objet ». En supposant l’efficacité de production des moyens utilisables et l’adaptation optimale aux fins, la rationalité sémantico-technique concernera les résultats d’actions individuées, et établira les conditions de la réussite de pratiques qui viseraient des buts. Son aspect de la connaissance se rapporte à la représentation d’événements concrets.
— Dans la Section IX, nous envisagerons la (méta-)individuation pragmatico-axiologique des systèmes en histoire des sciences, en manipulant la manière de « stylisation diatopique » comme « désunification des structures-systèmes ». La rationalité pragmatico-axiologique consiste en la cohérence et valeur subjective des fins. Dans cette rationalité qui proposera les conditions de possibilités de cette cohérence qui ont été attribuées aux actions humaines, l’attribution de valeurs est essentielle, mais elle s’applique à l’action même. Bien que de tels principes ne concernent plus directement les actions singulières qui ont été individuées, cette rationalité consiste en leur application non contradictoire à ces actions ici-maintenant.
En définitive, il nous a paru utile de réviser le bon emploi de la notion de « catégorie » dans le chapitre de la Conclusion, pour tenter de récapituler les relations entre les recherches centrales qui ont été discutées dans tous les différents chapitres de cette thèse. La notion de « catégorie » concernera tout directement les « métaconcepts », et évoquera une conception proprement dynamiste de la méta-rationalité, en adoptant la régulation ou la recalibration tactique/stratégique dans le discours scientifique actuellement en cours d’élaboration.

Télécharger CV Complet