Atelier de recherche. PhiBE. Philosophie, biologie, écologie : interfaces épistémiques 2023-2024

Atelier de recherche
PhiBE. Philosophie, biologie, écologie : interfaces épistémiques
Organisé par : Andrea Angelini (Paris 8-LLCP), Matteo Mossio (CNRS-IHPST), Giuseppe Longo (ENS-CNSR)

Ecole normale supérieure
Salle de séminaires du Centre Cavaillès (3e étage – aile Curie)
29, rue D’Ulm – Paris Ve

 

A la suite du travail conduit depuis vingt ans au sein des séminaires “Complexité et information morphologiques” sous la direction de Giuseppe Longo – jadis en collaboration avec Francis Bailly et par la suite à côté de Matteo Mossio, Maël Montévil, Ana Soto et Carlos Sonnenschein – ce nouveau cycle de rencontres entend reprendre l’interrogation épistémologique et philosophique autour des sciences du vivant et la relancer en plusieurs directions.
Tout d’abord, ces séminaires ont pour but de prolonger et approfondir l’analyse des cadres théoriques qui – à travers l’étude de l’organisation et de la variation des êtres vivants – ont marqué la constitution de la biologie en tant que champs de recherche autonome et qui ont modifié profondément le regard sur la nature affirmé par les sciences physiques entre XVIIe et XVIIIe siècle. Dès le premier moment, cette autonomie a pu être seulement relative et contrastée. Inévitablement caractérisée par différentes approches méthodologiques et théoriques, constamment conditionnée par le contexte social et par les technologies politiques qui ont accompagné sa constitution et ses transformations, la biologie à toujours représenté un savoir de frontière à la limite entre plusieurs disciplines. Prise dans cette osmose constitutive avec les autres discours qui l’entourent et en tant que vecteur de nombreux transferts conceptuels (analogies, homologies, métaphores), le discours biologique a été toujours menacé dans son autonomie épistémique ou perçu comme une menace pour l’autonomie des autres sciences (comme dans le cas des sciences anthropologiques et sociales). En ce sens, il s’agira d’enquêter la constitution des concepts biologiques et leur circulation hors de leurs domaines de validité scientifique, mais aussi d’évaluer la contamination de ces concepts par d’autres disciplines – physique, technologie, économie, informatique – qui ont orienté leurs vicissitudes au cours du XIXe et XXe siècle.
Ce type de travail concerne également, et à plus forte raison, l’écologie et les sciences de l’environnement, alors qu’on considère leur singulière pluralité méthodologique et la complexité de leurs champs d’objectivation. Souvent considérée comme l’espace épistémique de rencontre entre “sciences naturelles” et “sciences humaines”, l’écologie peut être en fait reconnue comme la science transdisciplinaire par excellence, traversant les sciences biologiques, physiques et chimiques, allant jusqu’à l’anthropologie, l’éthologie et les sciences sociales, tout en passant par les sciences géographiques et géologiques ou par la cybernétique et la théorie des systèmes, ou encore par l’économie et les sciences de la santé. Un carrefour disciplinaire qui présente certainement – aussi en vertu de la centralité politique assumée par l’écologie dans les dernières décennies – d’importantes potentialités théoriques et pratiques, mais qui comporte néanmoins plusieurs risques et difficultés quant au caractère polysémique d’un grand nombre de notions comme celles d’organisme, société, population, communauté, régulation, santé, ou encore climat, milieu, environnement, écosystème, biodiversité etc. Des notions qui sont toujours à considérer dans leur pluralité et fluidité épistémique ainsi que dans leurs implications gouvernementales et dans leur exposition aux instrumentalisations les plus diverses.
Notre objectif sera donc celui de valoriser un travail théorique sur les interfaces épistémiques par lesquelles les sciences du vivant et de l’environnement ont toujours élaboré leurs cadres conceptuels. Un effort qui vise à garder la spécificité de la construction scientifique de connaissance sans toutefois faire abstraction de l’épaisseur historique, philosophique et sociale des concepts, afin de promouvoir une réflexion philosophique, épistémologique et politique sur l’histoire et l’actualité des sciences biologiques et écologiques.

 

Programme :

 

18 octobre 2023, 17h-19h, Salle de séminaires Cavaillès
Giuseppe Longo (CNRS-ENS, Paris)
Alternatives possibles

8 novembre 2023, 17h-19h, Salle de séminaires Cavaillès
Ali Hossaini (King’s College, London)
Organism, society, mechanism : What is to be done ?

17 novembre 2023, 17h-19h, Salle de séminaires Cavaillès
Barbara Bravi (Imperial College, London)
Titre de l’intervention : The duality between physics and biology from the point of view of statistics

15 décembre 2023, 17h-19h, Salle de séminaires Cavaillès
Hilton Japyassú (University of Bahia)
Steps to an ecology of the collective mind

24 Janvier 2024, 17h-19h, Salle de séminaires Cavaillès
Arnaud Pocheville (CNRS, Université de Toulouse)
Une petite histoire de l’épigénétique

6 Mars 2024, 17h-19h, Salle de séminaires Cavaillès
Adam Nocek (Arizona State University)
A Theory of Interstitial Life : On the Relevance of Whitehead’s Philosophical Biology

27 mars 2024, 17h-19h, Salle de séminaires Cavaillès
Elena Gagliasso (Université de Rome « La Sapienza »)
Entre dénotation et connotation : naissance et itinéraires des éco-concepts

2 Mai 2024, 17h-19h, Salle de séminaires Cavaillès
Yves Schwartz (Université Aix-Marseille)
Usage de soi, Vie et Valeur

Mai-juin 2024 (date à préciser)
Silvia Caianiello (CNR-ISPF, Naples)

 


 

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