Appel à communications : Colloque. Terrains philosophiques : nouvelles approches critiques du pouvoir et des dominations 17-18.11.2022

Nous vous prions de bien vouloir trouver ci-dessous et en pièce jointe un appel à communication pour le colloque « Terrains philosophiques : nouvelles approches critiques du pouvoir et des dominations » organisé à l’Université Paris Cité les 17 et 18 novembre 2022 avec le soutien du LCSP (EA 7335) et du Sophiapol (EA 3932).

Ce colloque vise à présenter des « terrains » de recherche en philosophie politique et sociale, problématisant la question des rapports de pouvoir et de domination. L’appel à communication est ouvert aux non-philosophes, bien qu’une perspective philosophique soit attendue (dialogue avec un corpus philosophique, travail des concepts, problématisations philosophiques…). Les propositions peuvent être des présentations de résultats de terrains de recherche ou des questionnements méthodologiques en cours. Les réponses sélectionnées à l’appel à communication formeront la première journée du colloque. La seconde journée sera consacrée à des tables-rondes.
 
Format des communications :
  • Les propositions devront faire entre 2000 et 3000 signes maximum, et seront accompagnées d’une courte bibliographie indicative (une dizaine de références maximum).
  • Les propositions seront envoyées par email, en indiquant votre nom, votre statut et le titre de votre intervention à terrainsphilosophiques@gmail.com
  • Les communications devront pouvoir être développées en une présentation d’une trentaine de minutes.
  • Les interventions auront lieu intégralement en présentiel, sauf exception. Pour celles et ceux qui n’auraient pas accès à une prise en charge des frais de déplacements et d’hébergement, merci de nous le signaler dans votre mail de présentation.
 Calendrier prévisionnel :
  • La date limite de soumission est le 27 juin 2022.
  • Les propositions retenues seront notifiées le 4 juillet 2022.
  • Le colloque aura lieu à Paris, en présentiel, les jeudi 17 et vendredi 18 novembre 2022. Ces communications auront lieu lors de la première journée du colloque, le jeudi 17 novembre 2022. La présence lors des deux journées est recommandée.
 
Bien cordialement,
Le comité d’organisation :
Alison BOUFFET (LCSP, Université Paris-Cité),
Théophile LAVAULT, (Sophiapol, Université Paris-Nanterre),
Hervé NICOLLE (Sophiapol, Université Paris-Nanterre),
Pauline VERMEREN (LCSP, Université Paris-Cité).
 

 
Argumentaire
 
Dès les années 1960 en France, dans un contexte de transformation sociale, une nouvelle manière de s’emparer de la question du pouvoir produit des outils critiques inédits en philosophie. L’engagement de philosophes dans les luttes sociales, et la thématisation d’un « intellectuel spécifique » par opposition à la posture de l’ « intellectuel universel »[1], est caractéristique d’une série de pas de côtés, de décentrements de la philosophie académique vers des espaces de résistance, de constructions de contre-pouvoirs : par exemple, le Groupe Information Prison (GIP) et sa critique des pratiques d’enfermement, les enquêtes ouvrières de Lefort, le lien entre clinique psychiatrique et philosophie du pouvoir chez Deleuze et Guattari ou Frantz Fanon, ou encore le journalisme théorique de Hannah Arendt.
Le développement d’approches philosophiques en dialogue permanent avec les sciences sociales défait le geste traditionnel de la philosophie comme mise en œuvre d’une raison unificatrice. Au contraire, elles assument un geste de pluralisation, un travail de conceptualisation issu de rationalités multiples et prenant en compte l’hétérogénéité des acteurs du monde social ; elles sont attentives aux ruptures épistémologiques et aux conditions sociales et matérielles de production des savoirs. Des traditions philosophiques, non exclusives les unes des autres, se sont ainsi constituées dans leur rapport à l’expérience sociale et aux savoirs issus des sciences sociales (sociologie, histoire, anthropologie, etc.) :
 
1. La tradition allemande de l’école de Francfort et ses reprises francophones défend une « philosophie sociale » entre sociologie critique de la domination et théorie critique, qui fait de la transformation sociale l’enjeu central du projet philosophique. Dans le cadre de la « philosophie sociale » défendue par exemple par F. Fischbach[2], le philosophe social se nourrit ainsi des recherches empiriques des sciences sociales, et en retour produit des concepts destinés à être « efficaces », retaillés et appropriés par les sociologues eux-mêmes. Cette pratique philosophique, fécondée et qui féconde en retour les sciences sociales, maintient toutefois son autonomie méthodologique et sa transitivité : il s’agit de travailler à partir de terrains des sociologues constitués, davantage que de produire sa propre pratique de terrain.
 
2. La philosophie critique des rapports de pouvoir dans une tradition foucaldienne, promeut la méthode archéologique et généalogique et se distingue en plaçant au cœur de son travail la question de l’archive comme matériau philosophique et l’intérêt au « diagnostic du présent »[3]. Dans les années 1970, Foucault reconstitue ainsi sous un prisme généalogique les rationalités politiques contenues dans des pratiques de gouvernement. Les « héritier·es » de cette forme de problématisation par l’archive et le terrain posent la question des conditions de possibilité de l’expérience visible, pour mettre en jeu la constitution des régimes d’intelligibilité du social.
 
3. Les approches inspirées de la sociologie pragmatique, qui mettent au cœur de leur travail un rapport à l’observation, à l’ethnographie et à la phénoménologie, et leur articulation avec la philosophie pragmatiste américaine, ont permis une approche nouvelle du pouvoir. L’étude pragmatique de la socialisation et des appartenances collectives promeut ainsi une logique des épreuves, des compétences et de la pluralité du soi. Dans ce cadre, les relations de pouvoir apparaissent comme réversibles et relativement indéterminées. Si « le pouvoir n’existe pas en dehors des épreuves auxquelles il donne lieu »[4], cette approche requiert de la philosophie une capacité descriptive du social : « les structures de pouvoir ne sont plus considérées comme les causes, mais bien comme les résultantes, de ce qui est observé ; et plutôt que de prétendre épuiser la description et l’explication des comportements par l’invocation d’un mot totem (« pouvoir », « domination », etc.), le chercheur se met à étudier les effets de pouvoir et les agencements qui les rendent possibles »[5].

4. Enfin, les épistémologies situées, les épistémologies du point de vue et les épistémologies féministes, inspirées et critiques du marxisme, exigent de situer la production et l’énonciation philosophique à partir de la position sociale dominée du locuteur ou de la locutrice, de telle sorte qu’elles ont contribué à faire tomber de son piédestal la figure androcentrée du philosophe universaliste, parlant depuis nulle part et au nom de tous. Elles conduisent à ancrer la recherche conceptuelle dans des « sites » qu’il s’agisse par exemple d’une expérience vécue des dominations ou d’une approche biographique. Elles s’articulent ainsi en partie à une sociologie de la philosophie. Ces exigences ont inspiré la recherche dans d’autres domaines, par exemple pour développer une nouvelle perspective sur les rapports sociaux de race et de classe, l’intersectionnalité des rapports de domination ou les migrations[6].

Ce colloque vise à interroger les réactualisations et croisements de ces traditions critiques dans les recherches en cours, les formes actuelles de mise en rapport entre philosophie, pratiques de terrain, logiques de l’émancipation, et étude des dominations et des rapports de pouvoir. Le nombre de travaux récents en philosophie qui s’appuient sur des enquêtes de terrain témoigne de l’intérêt pour ce déplacement méthodologique, et d’un dialogue renouvelé entre la philosophie et les sciences humaines et sociales autour des pratiques telles que l’observation participante, l’entretien ou encore le recours aux matériaux archivistiques.
 
Des rencontres académiques ont marqué l’émergence de cette préoccupation, en reprenant la formulation de « philosophie de terrain » et en interrogeant divers « terrains philosophiques ». Le livre éponyme de Christiane Vollaire, Pour une philosophie de terrain (2017) a permis de réouvrir ces questions, tout comme la revue Terrains/Théories, le blog « Projet Junior PhilosoField » ou encore des événements tels que les journées d’études « Le terrain en philosophie » (mai 2012 à l’École des hautes études en sciences sociales) ; les journées d’étude internationales « Le philosophe et l’enquête de terrain : le cas du travail contemporain » (juin 2016 à Nanterre et Paris) ; les journées d’études doctorales « Une philosophie de terrain ? » (janvier 2019 à l’École Normale Supérieure de Lyon) ; le colloque « Philosophie et terrain » (juin 2021 à l’Université de Picardie Jules Verne) ; le séminaire « Du terrain en philosophie » (2021) ; ou encore, le séminaire « Philosophie des migrations » (2021-2022 à l’Institut Convergences Migrations). Si les champs de la santé et de l’écologie ont été particulièrement propices au déploiement d’une « philosophie de terrain »[7], la philosophie sociale et politique accueille aujourd’hui de plus en plus de recherches situées qui participent d’une nouvelle approche des rapports de genre, de race, de nationalité et de citoyenneté, ainsi que des concepts de care ou de migration. Autant de recherches qui participent à expérimenter de nouveaux champs d’investigation philosophique des rapports sociaux de domination[8].
 
Il apparaît d’autant plus crucial de faire l’état des lieux de ces nouvelles épistémologies philosophiques qu’elles promettent un dialogue fructueux avec d’autres espaces académiques, notamment l’espace scientifique anglo-américain, au sein duquel ces questions se sont posées de longue date. Par exemple, la « fieldphilosophy » est née du constat de l’occultation du rôle de la philosophie dans la vie publique contemporaine. Héritier de la servante de Thrace, Charles Mills affirme ainsi que la théorie politique repose trop souvent sur l’idéalisation, au point de marginaliser et d’ignorer les préoccupations sociales urgentes – comme le racisme et d’autres formes d’oppression – situées en dehors des sphères théorétiques[9].Le travail sur le terrain de cette philosophie « ancrée » (grounded) exigerait ainsi des philosophes le développement de nouvellescompétences, une communication différente de leurs recherches et la mise en place de formes d’expertise, à partir de l’usage stratégique d’un large éventail de méthodes philosophiques, de la phénoménologie à la modélisation informatique, en suivant la logique interne du problème à résoudre plutôt qu’en appliquant une méthode a priori.
 
Le rapport entre les pratiques de terrain et le travail philosophique est donc pluriel, inscrit dans des traditions multiples et des espaces scientifiques hétérogènes  ; il se décline sous la forme de l’usage ou de l’exemplification, sous la forme du « pillage »[10] conceptuel ou de l’inspiration ; sous la forme de la mise en relation critique et d’une heuristique de la mise à l’épreuve des concepts ; enfin, sous la forme de l’invention de nouvelles formes d’enquêtes spécifiquement philosophiques. Toutefois, la spécificité de ces projets philosophiques réside dans le renversement qu’ils opèrent par rapport à une définition classique, normative et idéaliste, de la philosophie : contre l’unification universalisante abstraite, penser une conceptualisation « par le bas », prenant au sérieux l’injonction à « partir du social »[11].
 
 
Axes de réflexion
 
Nous souhaitons donc interroger les pratiques de terrain « en tant que philosophe » - les contributeurs et contributrices pouvant être dans d’autres disciplines de sciences humaines et sociales, à condition que leur approche se déclare au moins en partie comme philosophique - à partir de trois axes de réflexion :
 
A. Posture et pratiques des chercheurs :
 
Dans quelle mesure les « terrains philosophiques » permettent-ils d’adopter une posture critique tant vis à vis du surplomb attribué au philosophe classique que de l’hyper-spécialisation parfois reproché au sociologue ? Ouvrent-ils à un renouveau de l’opposition entre spectateur et acteur dans la production des savoirs ? S’agit-il de la mise en œuvre d’une « mauvaise conscience du philosophe », qui chercherait dans la pratique de terrain la garantie d’une théorie ancrée, exemptée de l’abstraction dont est souvent accusée la philosophie spéculative ? Le « terrain » serait-il le nom d’une nouvelle inquiétude autour du geste philosophique, qui tend à renverser le primat de la philosophie pour penser une pratique de coopération réciproque entre sciences sociales et philosophie ? Comment prendre en compte les exigences de scientificité et de méthodologie de terrain propres aux sciences sociales empiriques, tout en maintenant l’exigence de créativité et de liberté du geste propre à la philosophie ? Enfin, comment se manifestent les rapports de pouvoir au sein même de la pratique de l’enquête ? La posture du philosophe les déplace-t-elle ou les accentue-t-elle ?
 
B. Spécificité méthodologique d’un terrain en philosophe :
 
Peut-on identifier une spécificité du « penser par cas »[12] en philosophie ? Comment interroger la notion même de « philosophie de terrain » et de ses différents avatars – situation, cas, compte-rendu d’expérience… ? Que garde-t-on, que délaisse-t-on ou qu’assume-t-on du geste philosophique en « faisant un terrain » ? Comment tracer l’espace et la méthodologie d’une enquête de terrain en philosophie ? Faut-il qu’elle réponde à des critères qui lui seraient propres ? La « philosophie de terrain » correspond-elle à une méthode, un objet ou une attitude spécifique[13] ? Si cette spécificité philosophique du terrain demeure introuvable, la recherche philosophique ne risque-t-elle pas de se dissoudre dans une sociologie qui prend en charge la « montée en généralité »[14], voire de devenir une « sociologie philosophante » ? C’est donc la définition même du « terrain » qui est problématique, à partir du moment où elle devient un terme voyageant entre différentes disciplines : le « terrain » philosophique peut-il se rabattre sur le « terrain » tel qu’il est méthodologiquement codifié en sociologie ou est-il extensible à d’autres formes d’expérience ? On pourra par exemple se demander dans quelle mesure l’expérience vécue, biographique, et l’engagement ou le militantisme politique du chercheur ou de la chercheuse produisent des effets épistémologiques sur la production philosophique. Dans quelles temporalités et quels espaces politiques la pratique de la philosophie s’inscrit-elle ? Comment l’inscription dans un lieu et dans un temps donné détermine les conditions épistémologiques de production conceptuelle ?
 
C. Le renouvellement des concepts classiques de la philosophie politique et sociale par les pratiques de terrain :
 
Comment l’approche philosophique par le terrain renouvelle-t-elle les concepts classiques de la philosophie politique et sociale – la souveraineté, la raison, le monde, l’ontologie, le contrat, la production et le travail, l’identité, la frontière, l’État, le peuple … ? Dans quelle mesure permet-elle non seulement des inventions conceptuelles, mais également une relecture de l’histoire de la philosophie via des prismes nouveaux ? Autrement dit, la « philosophie de terrain » peut-elle avoir des effets épistémologiques sur la lecture des philosophes classiques, ou permettre des innovations conceptuelles ? Est-elle en partie une opération de « déconstruction » des oppositions classiques opérantes en philosophie politique ? Ces pratiques contribuent-elles enfin à créer de nouvelles écritures philosophiques ?
 
 
Précisions sur les attendus
 
Deux types de communication peuvent être proposées :
  • Des présentations de recherche : présenter sa recherche de terrain et les développements conceptuels qu’elle permet d’ouvrir ou les déstabilisations de concepts classiques qu’elle engage.
  • Des questionnements méthodologiques : présenter un aspect méthodologique problématique ou réflexif de la recherche de terrain menée en philosophie. 
Précisions sur les domaines et types de terrains attendus :
  • Les « terrains » de la philosophie du pouvoir et des dominations peuvent couvrir différents domaines de recherche, par exemple (liste non exhaustive) : le gouvernement des populations ; le pouvoir médical et les pratiques de soin ; la question du travail et de l’aliénation ; la xénophobie d’État, les migrations et l’extranéité ; les technologies de contrôle ; les violences épistémiques ; l’intersectionnalité des rapports sociaux de domination ; les processus de subjectivation ; l’écologie politique, etc.
  • Le « terrain » mobilisé dans la communication peut recouvrir des acceptions diverses. Il peut s’agir d’un terrain au sens ethnographique (un périmètre spatio-temporel d’analyse) ; d’un terrain au sens d’une expérience vécue ou d’un engagement en dehors de la pratique de la recherche ; enfin d’un terrain dans un sens davantage issu de l’éducation populaire, d’une philosophie tournée vers des objectifs de transformation sociale. Le critère de sélection des communications reposera sur l’intérêt de l’articulation entre le “terrain” proposé et une réflexion déployée en philosophie politique et sociale.
L’ambition de ce colloque n’est pas tant de parvenir à définir ce qu’est ou devrait être une philosophie de terrain. Nous souhaitons plus humblement ouvrir un espace d’échanges et de réflexivité où la restitution de la diversité d’expériences de terrain éprouvées par des chercheurs et chercheuses en philosophie puisse nourrir une réflexion collective plus générale autour de l’inscription de la pratique de la philosophie dans sa propre actualité.
 
 
Modalités de participation

Format des communications :
  • Les propositions devront faire entre 2000 et 3000 signes maximum, et seront accompagnées d’une courte bibliographie indicative (une dizaine de références maximum).
  • Les propositions seront envoyées par email, en indiquant votre nom, votre statut et le titre de votre intervention à terrainsphilosophiques@gmail.com
  • Les communications devront pouvoir être développées en une présentation d’une trentaine de minutes.
  • Les interventions auront lieu intégralement en présentiel, sauf exception. Pour celles et ceux qui n’auraient pas accès à une prise en charge des frais de déplacements et d’hébergement, merci de nous le signaler dans votre mail de présentation.
Calendrier prévisionnel :
  • La date limite de soumission est le 27 juin 2022.
  • Les propositions retenues seront notifiées le 4 juillet 2022.
  • Le colloque aura lieu à Paris, en présentiel, les jeudi 17 et vendredi 18 novembre 2022. Ces communications auront lieu lors de la première journée du colloque, le jeudi 17 novembre 2022. La présence lors des deux journées est recommandée.
 
Comité d’organisation : Alison BOUFFET (LCSP, Université Paris-Cité), Théophile LAVAULT, (Sophiapol, Université Paris-Nanterre), Hervé NICOLLE (Sophiapol, Université Paris-Nanterre), Pauline VERMEREN (LCSP, Université Paris-Cité)
 
Comité scientifique : Michel AGIER (IRD, EHESS), Marie CUILLERAI (LCSP, Université Paris-Cité), Alexis CUKIER (MAPP, Université de Poitiers), Guillaume LE BLANC (LCSP, Université Paris-Cité), Christiane VOLLAIRE (CRTD, CNAM, ICM), Judith REVEL (Sophiapol, Université Paris-Nanterre)
 
 

Bibliographie indicative
 
  • Bedon Marine ; Bénétreau Maud ; Bérard Marion et Dubar Margaux, « Une philosophie de terrain ? Réflexion critique à partir de deux journées d’étude », Astérion, 24, 2021, http://journals.openedition.org/asterion/6149, https://doi.org/10.4000/asterion.6149
  • Brugère Fabienne et Le Blanc Guillaume, La Fin de l’hospitalité. Lampedusa, Lesbos, Calais… Jusqu’où irons-nous ?, Flammarion, Paris, 2017.
  • Cervera-Marzal, Manuel, « Sociologie et philosophie politique : nouvelle(s) articulation(s) », Raisons Politiques, vol. 62, N° 2, 2016, pp.143-149.
  • Chamoin, Camille & Willems, Marie-Claire, « Introduction », in Pratiques croisées en philosophie et sociologie, Terrains/Théories, N° 11, 2020, http://journals.openedition.org/teth/2441
  • Cukier, Alexis et Gaudin Olivier, Les sens du social, philosophie et sociologie, PUR, Rennes, 2017.
  • Fischbach, Franck, Manifeste pour une philosophie sociale, La Découverte, Paris, 2009.
  • Foucault, Michel, « Les “reportages” d’idées », Dits et Écrits, t.III, Paris, Gallimard, 1978.
  • Nicoli, Massimiliano ; Paltrinieri, Luca et Prévot-Carpentier, Muriel (dir.), Le philosophe et l’enquête de terrain, Toulouse, Octarès, 2020.
  • Passeron Jean-Claude et Revel Jacques, « Penser par cas. Raisonner à partir de singularités », in Pensée par cas, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, Paris, 2005.
  • Potte-Bonneville, Mathieu, « Au sujet du terrain - subjectivation et ethnologie », Rue Descartes, 2012/3, N° 75, pp.102-113.
  • Rancière, Jacques, Le Philosophe et ses pauvres, Fayard, Paris 1983.
  • Renault Emmanuel, « Théorie sociologique, théorie sociale, philosophie sociale : une cartographie critique », Sociologie, N° 1, vol. 9, 2018, http://journals.openedition.org/sociologie/3405
  • Vollaire, Christiane, Pour une philosophie de terrain, Paris, Créaphis, 2017.
  • Zoubir Zacharias et Brenni Camilla, « Enquêter sur les rapports sociaux de domination. Quelles articulations de la théorie et de l’empirie ? Introduction », Sociologie, N° 4, vol. 12, 2021, http://journals.openedition.org/sociologie/9428
 

 
[1] Mouchard, Daniel. « Intellectuel spécifique », Olivier Fillieule éd., Dictionnaire des mouvements sociaux. Presses de Sciences Po, 2009, pp. 307-312.

[2] Fischbach, Franck. Manifeste pour une philosophie sociale. La Découverte, Paris, 2009.
[3] Cf., Foucault, Michel, Dits et Écrits, tome I, Paris, Gallimard Quarto, 2005.
[4] Barthe, Yannick, et al. « Sociologie pragmatique : mode d’emploi », Politix, vol. 103, N° 3, 2013, pp. 175-204.
[5] Ibid.
[6] Mezzadra, Sandro, « The gaze of autonomy : Capitalism, migration and social struggles », The contested politics of mobility : Borderzones and irregularity, vol. 12142, Routledge London, 2011.
[7] Bedon, Marine ; Benetreau, Maud ; Bérard, Marion et Dubar, Margaux, « Une philosophie de terrain ? Réflexion critique à partir de deux journées d’étude », Astérion, N° 24, 2021, http://journals.openedition.org/asterion/6149, https://doi.org/10.4000/asterion.6149.
[8] Voir à ce sujet le dossier de la revue Sociologie : Zacharias Zoubir et Camilla Brenni, « Enquêter sur les rapports sociaux de domination. Quelles articulations de la théorie et de l’empirie ? Introduction », Sociologie, N° 4, vol. 12, 2021, http://journals.openedition.org/sociologie/9428.
[9] Mills, Charles, « “Ideal Theory” as Ideology ». Hypatia, N° 20/3, 2005, pp. 165-184.
[10] Bernard Lahire invitant par exemple à « piller les philosophes pour imaginer nos enquêtes », Penser le social, Ibid., p. 40.
[11] Gautier, Guillaume, in Penser le social, Ibid., p. 29.
[12] Passeron Jean-Claude et Revel Jacques, « Penser par cas. Raisonner à partir de singularités », in Pensée par cas, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, Paris, 2005.
[13] Les philosophes Marine Bedon, Maud Benetreau, Marion Bérard et Margaux Dubar ont ainsi répondu par la négative à la suite des deux journées d’études « Une philosophie de terrain ? » à l’ENS de Lyon en 2019 : « Au cours des journées d’étude, la question initialement formulée de la spécificité de l’approche philosophique dans la reprise de ces méthodes a achoppé sur plusieurs difficultés. Une telle spécificité n’a en effet pu être trouvée ni dans des opérations philosophiques comme la formulation de problèmes ou la création de concepts, lesquelles ne sont pas l’apanage de la philosophie, ni non plus dans une « attitude philosophique » dont le /la chercheur.euse serait pénétré.e tout au long de sa recherche, tant cette mystérieuse attitude s’est révélée difficile à caractériser lorsqu’elle a été convoquée ».
[14] Passeron Jean-Claude et Revel Jacques, Ibid.