Diego RODRÍGUEZ VIDA

Discipline : Philosophie

Sujet de thèse : Approche d’une psychogénétique de la morale : antinomies de l’éthique chez Nietzsche et Lacan

Année d’inscription en thèse : 2017

Directeur/trice(s) de recherche : Michèle Cohen-Halimi, Fernando Pérez-Borbujo (co-tutelle Université Pompeu Fabra de Barcelone)

Contact : diegoagustinrodriguezvida@gmail.com

 


 

Diego Rodríguez Vida après un cursus d’études en science politique (Licence à l’Université Autonome de Barcelone), relations internationales (Master à l’Institut d’Études Politiques de Paris), et d’études comparées en littératures, art et sciences humaines (Master à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone) rédige une thèse entre l’Université Paris 8 et l’Université Pompeu Fabra sous la co-direction de Michèle Cohen-Halimi à Paris, et Fernando Pérez-Borbujo à Université Pompeu Fabra de Barcelone intitulée Approche d’une psychogénétique de la morale : antinomies de l’éthique chez Nietzsche et Lacan (Année d’inscription en thèse : 2017).

Résumé du sujet de thèse : Ce projet de recherche consiste en une exploration du rapport entre psychologie et moralité dans les œuvres de Nietzsche et Lacan. Il y a, du moins dans un plan très général, une convergence dans les modes nietzschéen et lacanien d’aborder les questions morales. Leurs conceptions du phénomène moral partagent une certaine approche par rapport à l’objet d’étude, dans la mesure où ce qui émerge dans le développement de leurs perspectives n’est pas une critique substantielle de la morale mais plutôt sa critique génético-fonctionnelle. Chez Lacan et Nietzsche comme d’ailleurs chez Freud il n’est pas question, du moins pas en premier lieu, d’une théorie du « devoir-être », mais d’une psychologie de ce qui devient devoir, plus précisément une psychogénétique de la morale.
Après avoir tracé la genèse et les principaux éléments des propositions éthiques de Nietzsche et Lacan, notre recherche aura également pour but de mettre ces deux pensées face à face, d’examiner le bien-fondé de la conjonction de ces deux noms propres qui ont marqué profondément les conceptions philosophiques du XXe siècle. Pour cela, nous procéderons à un examen systématique et critique-comparatif des conceptions éthiques de Nietzsche et Lacan afin de relancer la discussion à propos de l’incontournable problème de l’universalisme dans la pensée philosophique sur la morale. Quelles sont les conséquences qui peuvent être tirés du dialogue entre une éthique sans idéal, comme celle qui se dessine chez Lacan – renonçant à l’harmonisation définitive du sujet par le biais de la fixation à la loi morale – et une éthique nietzschéenne dans laquelle l’accès à l’universel n’implique pas une égalisation des individus ni leur assimilation à un troupeau ? Face à la morale kantienne du devoir, Nietzsche et Lacan déploient un corpus éthique où il n’y a plus de place pour aucune essence métaphysique généralisatrice et abstraite ni pour éthique qui promouvrait le renoncement à satisfaire nos inclinations. Dès lors, il nous faudra examiner en détail dans quelle mesure une telle éthique, qui ne renonce pas à la singularité du sujet désirant, qui met en garde contre les conséquences de la négation de soi, peut être conciliée avec une éthique visant l’universalité. S’agissant de questions sur l’éthique, il est en effet très difficile, voire impossible, de renoncer à la quête de l’universalité. C’est pourquoi, un des problèmes déjà mis en évidence par Kant demeure toujours actuel : celui de la concordance entre l’individu auto-législateur et les principes éthiques qui doivent valoir pour tous. Le lien ou l’articulation entre autonomie et universalité chez Nietzsche et Lacan constituera un point essentiel de ce projet de recherche, dans lequel nous essayerons d’offrir des pistes de réflexion et d’analyse qui puissent éclairer une question située au cœur même de notre époque, et à laquelle les efforts éthiques les plus audacieux ont tenté d’y répondre.

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CV Diego RODRÍGUEZ VIDA