Titre de la thèse : La pulsion de pouvoir : traduire la psychanalyse dans le champ politique entre Deleuze et Derrida
Auteur / Autrice : Elias Jabre
Direction : Guillaume Sibertin-Blanc, Jérôme Lèbre
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 21/06/2019
Etablissement(s) : Paris 8
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pratiques et théories du sens
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Manola Antonioli, Élisabeth Rigal, Bertrand Ogilvie
DOI : 10.70675/baf8999azefc2z47e9zb25az2712b25815f7
Résumé : Cette thèse développe une analyse comparative de la pensée de Derrida et de celle de Deleuze-Guattari du point de vue de leur rapport à la psychanalyse. Nous nous attachons à confronter ces deux stratégies pour ré-impliquer la psychanalyse dans un champ de questionnements philosophico-politiques, stratégies qui passent l’une et l’autre par une réinterprétation de la « spéculation freudienne » d’Au-delà du principe de plaisir sur la pulsion de pouvoir. A suivre Freud, tout ensemble se lie à lui-même à partir d’une force sans origine. Or, cette pulsion de pouvoir révèle que tout socius, toute communauté, et toute institution ne s’appuient sur aucun fondement, bien qu’ils se fondent sur une écriture. Nous soulignons alors la nécessité de traduire dans l’ordre juridico-politique cette logique du détour qui excède le jeu de la souveraineté, et ouvre à d’autres partages de pouvoir. Or, nous avons voulu évaluer s’il n’y avait pas une manière plus juste de le faire. Si Derrida engage des formalisations à partir d’une raison hyperbolique qui tient compte d’un calcul, où il faut calculer avec l’événement incalculable qui réécrit tout ensemble – cet autre qui se présente et qu’il faut laisser venir dans l’épreuve de la rencontre –, Deleuze-Guattari, d’après nous, ont fait l’économie de la déconstruction. Ils auront alors récusé la représentation au nom d’une justice immanente, ce qui compromet en partie leur geste, bien qu’il converge dans une certaine mesure avec celui de Derrida.