Titre de la thèse : Terrorisme, terreur et politique en Algérie : Penser la terreur aujourd’hui
Auteur / Autrice : Akila D’Bichi
Direction : Bertrand Ogilvie
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 05/10/2016
Etablissement(s) : Paris 8
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pratiques et théories du sens
Equipe de recherche : Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie
Jury : Président / Présidente : Marie Cuillerai. Examinateurs / Examinatrices : Bertrand Ogilvie, Bin Sarq Bin Mazyn, Muhamedin Kullashi. Rapporteurs / Rapporteuses : Laurie Laufer, Joseph Maalouf
Résumé : Les violences souvent meurtrières qui ont jalonné l’histoire de l’Algérie contemporaine ont ouvert des plaies béantes qui questionnent profondément les rapports entre société, Etat et organisations contestataires du pouvoir. En ce sens, l’Algérie constitue un laboratoire multidimensionnel où s’appréhendent les relations complexes entre Etat et Nation, exercice du pouvoir et effets de cet exercice sur les populations, idéologies et valeurs, de même que déterminisme dogmatique et autodétermination des peuples. Dans cet entrelacs d’antagonismes exprimés à grande échelle, chaque Nation devient un contexte particulier de potentialisation d’un terrorisme qui s’enracine dans les équilibres et tensions géopolitiques. A un autre niveau, intra-sociétal quant à lui, chaque pays, à l’exemple de l’Algérie, cristallise par ailleurs une histoire et une culture qui lui est propre et dans laquelle se sont forgés autant d’idéaux et de discours politiques dont les effets se sont révélés tour à tour structurants et sources de terreur. Par édulcoration, s’impose l’importance d’explorer la notion de terrorisme d’Etat et d’envisager son recours à la violence, à la force et à l’idéologie comme autant de facettes d’un même spectre d’expression du pouvoir d’Etat. A l’échelle de l’événement enfin, le fait consacré par un sens souverain contribue à un processus de réification dont l’aboutissement peut témoigner d’un terrorisme en marche dont on ne perçoit pas toujours l’existence. La fragmentation des espaces, de même que la territorialisation des vécus individuels dans l’espace social et national, témoignent d’un terrorisme disséminé, invisible parfois, encore que souterrain, aux émergences aussi multiples que l’autorise la multiplicité des acteurs participant à l’édification de l’histoire du pays – tels que les MIA, FIS, GIA algériens. Les traces et stigmates qu’ils laissent sur les populations locales procèdent de rapports de force au sens d’une microphysique du pouvoir telle qu’élaborée par Foucault. De cette grille de lecture, et à l’exemple de l’Algérie, nous entendons explorer dans cette thèse les mécanismes par lesquels la terreur substantialise une société et par lesquels le terrorisme procède de son institutionnalisation à un degré plus élevé de récupération. Fin de toute analyse, cette thèse questionne la place de la violence dans le processus de réification des représentations sociales et culturelles de même que ses possibilités de sublimation.