DOMECQ Gabriela 18.12.2015

Titre de la thèse : Nature et artifice dans la constitution de la socialité chez Rousseau
Auteur / Autrice : Gabriela Domecq
Direction : Stéphane Douailler
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 18/12/2015
Etablissement(s) : Paris 8
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pratiques et théories du sens
Equipe de recherche : Université de Paris VIII. Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie
Jury : Président / Présidente : Étienne Tassin. Examinateurs / Examinatrices : Stéphane Douailler, Bruno Bernardi, Ericson savio Falabretti. Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre-François Moreau
DOI : 10.70675/f6dd2645z2f37z4fb4zbf54z3bf7696e5caa

Résumé : Ce travail se propose de montrer l’articulation de la nature et de l’artifice au sein de la pensée de Rousseau. Nous verrons que la connaissance de la nature est bornée par une origine qui nous échappe et une puissance de transformation qui ne semble pas avoir de fin. Cela conduit notre auteur à remettre en cause l’existence d’un ordre de la nature sur le plan spéculatif et sur le plan moral.. Dans l’homme la nature va se révéler comme vide. La perfectibilité est l’effet de l’inachèvement de la nature de l’homme. Le devenir social de l’homme sera pensé comme l’effet de la découverte érotique de l’autre. Cette découverte altère le moi absolu de l’homme à l’état de nature et le reconfigure en un moi relatif exposé au manque de l’autre. De cette exposition résultent toutes les formes de la socialité, l’aliénation et la liberté. L’étiologie amoureuse de la dénaturation nous a permis de reconnaitre l’importance de la réflexion sur le goût dans la constitution de la sociabilité. La différence sexuelle apparait comme le résultat d’un processus de différentiation dont le ressort est le désir de plaire. Le désir de plaire sera pour Rousseau un obstacle à l’uniformité de la société. Il préserve les différences qui sont à la fois les conditions du bon goût et de la volonté générale. La dépendance de l’homme devenu social est paradoxalement ce qui fait de la liberté une propriété en puissance de la vie en société. Dans ce cadre, le peuple n’est ni un sujet, ni une instance juridique, il est la forme du lien sociale sous la détermination de la liberté. Il y a peuple lorsque le lien unissant chacun à l’État, et unissant les hommes entre eux sous les conditions de l’égalité et de la liberté, devient un intérêt particulier.