LINDOR SAMA Sterline 29.06.2020

Titre de la thèse : Le sublime chez Giambattista Vico, de l’esthétique à la politique : sublime, rhétorique et politique dans la philosophie vichienne
Auteur / Autrice : Sterline Sama Lindor
Direction : Georges Navet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 29/06/2020
Etablissement(s) : Paris 8
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pratiques et théories du sens
Equipe de recherche : Laboratoires d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie
Jury : Président / Présidente : Stéphane Douailler. Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre Girard, Marco Vanzulli
DOI : 10.70675/b64e50a9z2585z42e9z9c60zd2dfe5732fdc

Résumé : L’objectif principal de ce travail est d’analyser les variations du sens du sublime chez Vico et de déterminer comment le sublime comme moment déclencheur de l’andar raccogliendo, l’aller en rassemblant, participe à la fondation de la communauté politique. C’est à partir de l’expérience de la foudre, moment sublime par excellence que commence le long processus de développement de l’esprit des « bestioni » qui erraient dans les grandes forêts postdiluviennes. Par une imagination vigoureuse, ces derniers créent les « universaux fantastiques » ou « caractères poétiques », qui seront leur premier mode d’appréhension du monde. Ainsi, quittent-ils leur état de brute pour atteindre progressivement l’humanité. C’est sur ce concept d’« universaux fantastiques » que Vico fonde sa nouvelle science. De cette façon, il réhabilite l’imagination, la fantasia, et lui confère un rôle important dans la recherche de la vérité, proposant ainsi une réflexion qui tient compte de toutes les propriétés de l’esprit humain. En fervent défenseur de cette discipline placée en dehors du champ de la connaissance par certains philosophes dont Descartes notamment, Vico étudie les transformations de l’esprit humain à travers différents moments de son évolution. Aussi, invente-t-il une esthétique entièrement fondée sur le sublime. Sa démarche rappelle celle de Kant, qui, dans sa première Critique, définit les règles de base de la connaissance en partant du sensible. Par conséquent, pour comprendre la méthode utilisée par le philosophe napolitain sur l’évolution de l’esprit, il nous a semblé nécessaire de partir de l’esthétique kantienne. Toutefois, la possibilité de réfléchir sur le sublime chez le philosophe napolitain n’étant pas limitée au sensible, il convient d’en déterminer le sens lors du passage de l’âge poétique à l’âge de la « raison entièrement développée ». Considéré comme moment où tous les repères symboliques sont suspendus, le sublime a la particularité de modifier l’ordre des choses en vue de faire émerger de nouvelles institutions symboliques. C’est ce que nous observons dans la Science nouvelle au moment du soulèvement de la plèbe contre le patriarcat. C’est ce moment sublime qui favorisera l’émergence de la démocratie dans les cités, que Marc Richir appelle « sublime en politique ». Il existe donc un lien entre ce dernier et Giambattista Vico quant à la manière dont ils ont tous les deux réfléchi sur la problématique de la fondation sociopolitique.