Titre de la thèse : Droit et Normativité chez Jacques Derrida
Auteur / Autrice : Gabriel Rezende de Souza Pinto
Direction : Charles Ramond
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 07/12/2018
Etablissement(s) : Paris 8
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pratiques et théories du sens
Equipe de recherche : Laboratoires d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie
Jury : Président / Présidente : Julie Saada. Examinateurs / Examinatrices : Patrice Vermeren. Rapporteurs / Rapporteuses : Maurizio Ferraris
DOI : 10.70675/38163fe1z9b9fz419bza7b7z80ba0fef002c
Résumé : Depuis la fin des années 1980, un débat s’est installé, parmi les commentateurs de Jacques Derrida, sur l’existence ou non d’un « tournant éthique » dans l’œuvre de cet auteur. Les partisans de l’un et l’autre bord ne sont d’accord ni sur la signification du terme « tournant » ni sur la signification du terme « éthique » ; ils partagent pourtant un même présupposé : Derrida ne peut pas être un normativiste. Le présent travail vise à contester ce consensus de fond qui oppose la déconstruction aux normes. Tout en refusant les lectures qui privilégient des périodisations abstraites (un jeune Derrida et un Derrida tardif, par exemple), nous montrons que le problème de la normativité est, dès le départ, contigu à la déconstruction du logocentrisme. Le fait que la métaphysique occidentale ait toujours refoulé l’écriture et la logique de la trace détermine une configuration particulière du champ pratique. À l’intérieur de celui-ci, la vérité des normes fut pensée comme l’intimité d’une voix de commandement : voilà qui est le logonomocentrisme. Tout comme Derrida défend qu’une certaine archi-écriture est la condition de possibilité de la parole — et de l’apparaître en général —, nous soutenons qu’un archi-droit est la condition de possibilité de la normativité. « Écriture » et « droit » se forgent un destin commun. Les éléments traditionnellement employés pour décrire, en termes métaphysiques, leur condition secondaire et soumise seront repris, ici, pour penser un excès qui met le champ pratique en mouvement : « distance », « supplément », « représentation », mais aussi « institution », « arbitraire », « violence » et « technique ».