ROY Philippe 2014

Titre de la thèse : Gestes et diagrammes politiques
Auteur / Autrice : Philippe Roy
Direction : Alain Brossat
Date : Soutenance en 2014
Etablissement(s) : Paris 8
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pratiques et théories du sens

Résumé : Nous proposons une conception du geste qui rend compte de certaines dimensions de la politique, impensée autrement. Une pensée politique qui met l’accent sur le sens (sur la manière d’être) et moins sur les idées ou vérités politiques, en quoi elle engage une certaine pensée par les corps, pouvant être inconsciente, une pensée diagrammatique. Le diagramme étant à la fois ce qui préside à l’effectuation des gestes (et leur perception) et ce qui en permet la pensée (il y a donc des gestes en pensée). Si bien qu’il a fallu s’intéresser à des gestes collectifs et montrer que le geste peut remplacer la vieille catégorie du pouvoir. D’où l’établissement d’une typologie des gestes politiques, tels ceux liés à la verticalité (domination, gouvernementalité, souveraineté populaire), ceux de relations intergestuelles ou même discursifs, allant jusqu’à la caractérisation de gestes politiques émancipateurs. Cette émancipation par les gestes est celle d’une volition des gestes pour les gestes, relevant de leur impersonnalité, d’une ’’Naturphilosophie’’ gestuelle. Nous avons soutenu cette orientation par une interprétation gestuelle du spinozisme (pensée et corps), la prolongeant par une approche événementielle du geste, engageant le virtuel et donc une mémoire des gestes. Dans le sillage d’Arendt et de Simondon nous avons pu alors préciser ce que sont des gestes émancipateurs, en insistant sur le motif du retentissement, de l’excès et sur les affects propres à ces gestes (émotions), formant alors l’équivalent d’un champ (comme en physique). Ce niveau affectif ouvre aussi la voie d’une analyse de gestes proprement affectifs allant jusqu’à la pensée d’une individualité affective.