Titre de la thèse : Touches visuelles de la pensée
Auteur / Autrice : Erica Ruck
Direction : Bruno Cany, Anna Maria Testaverde
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 19/01/2018
Etablissement(s) : Paris 8 en cotutelle avec Università cattolica del Sacro Cuore (Milan, Italie)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pratiques et théories du sens
Equipe de recherche : Laboratoires d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie
Jury : Président / Présidente : Jacques Poulain. Examinateurs / Examinatrices : Louis Ucciani, Federica Sossi, Eliane Poulain-Beaufils. Rapporteurs / Rapporteuses : Roberta Carpani, Louis Ucciani
DOI : 10.70675/69a90944z2c9bz45a1zb03cz1c0cc2a0bc95
Résumé : Dans notre travail de recherche nous voulons esquisser une élaborationconceptuelle de la pensée du philosophe-artiste selon Nietzsche, Artaud etEisenstein en tant que « pensée visuelle ». La pensée du philosophe artiste est trèsancienne, elle remonte à Platon, avant de recommencer avec Nietzsche et des’élaborer avec Artaud.En déclarant que la musique et la parole sont liées, Nietzsche appartienttoujours à la tradition platonicienne du philosophe-artiste. Selon lui, la penséeartistese modélise sur la musique parce que la musique est le seul art qui nouspermet d’accomplir des abstractions de la pensée. Artaud, en revanche, affirmeune conception anti-platonicienne de la pensée du philosophe-artiste en tant quepensée visuelle. Il opère ainsi le renversement de valeurs, recherché parNietzsche, mais non abouti en esthétique.Contre l’idée du théâtre comme représentation, Artaud a théorisé un théâtrede la cruauté qui nous permet de découvrir la vérité, de dépasser la réalité. Lelangage proposé par ce théâtre, fait de formes, de sons et de gestes, peut avoir lesmêmes effets intellectuels que le langage verbal. Nous sommes ainsi en présenced’une pensée propre, où la parole n’est pas supprimée, mais où sa fonction estmodifiée.Eisenstein, avec son montage des attractions, arrive à donner forme àl’image-idée. Le public soit au théâtre, soit au cinéma est choqué par une série desattractions qui l’amènent envers une pensée précise. Le cinéma intellectueldevient lieu de la pensée.