Séminaire d’Alain Badiou 2014-2015

Séminaire d’Alain Badiou (2014-2015)
L’immanence des vérités (3)

 

Argument :
Dans les séminaires des deux dernières années, nous avons établi les points suivants :
1. L’idéologie dominante, dans le monde contemporain, celui du capitalisme impérial mondialisé, repose sur une acceptation consensuelle de la finitude. La norme indépassable du Sujet y est en effet la satisfaction et son corrélat inévitable : la concurrence pour obtenir cette satisfaction.
2. S’opposer à cette idéologie ne revient évidemment pas à s’installer dans l’infini comme s’il était une patrie spirituelle séparée. Ce fut, et c’est encore, la stratégie du spiritualisme religieux. Il s’agit bien plutôt de diviser le principal concept en jeu, à savoir celui de réalité finie.
3. Je propose que cette division fasse contraster deux types de fini, et donc de finitude, celle qui relève du déchet, et celle qui relève de l’œuvre. On dira que la finitude du consommateur contraint, la finitude de l’occidental démocrate, relève d’une circulation passive des déchets, autrement nommés « marchandises », circulation réglée par l’infini inaccessible et innommé du Capital comme tel. On dira que la finitude de l’homme libre, la finitude égalitaire, la finitude de Socrate, ou du communisme, relève d’une interruption active de la circulation par l’effet d’une œuvre Cette interruption prend toujours la forme d’une démonstration, ce qui la lie à la science, d’une action, ce qui la lie à la politique, d’une passion, ce qui la lie à l’amour, ou d’une contemplation, ce qui la lie à l’art.
Il s’agira cette année d’entrer dans le détail des opérations vivantes, créatrices, disciplinées, qui permettent de se tenir autant que possible dans la logique de l’œuvre, et de conquérir, pour le sujet ainsi engagé, la possibilité de faire enfin l’expérience de la vie vraie, et par conséquent du bonheur.

Un lundi par mois, 20h
24 septembre, 27 octobre, 10 novembre 2014, 19 janvier, 2 février, 16 mars, 6 avril, 18 mai, 8 juin 2015
Théâtre de la Commune
2, rue Édouard Poisson – Aubervilliers