Séminaire. 100+1 Deleuze (& Guattari) – et nous. 2ème semestre 2025-2026
100+1 Deleuze (& Guattari) – et nous
Séminaire organisé par Éric Alliez, Frédéric Rambeau et Guillaume Sibertin-Blanc
Tous les mardis 15h-18h
Salle A028 (Bâtiment A, Rez-de-chaussée)
2ème semestre 2025-2026
Département de philosophie
Université Paris 8 | 2, rue de la Liberté – 93200 Saint-Denis
Métro Saint-Denis Université
Le séminaire « 100+1 Deleuze (&Guattari) et nous » s’inscrit dans les recherches actuelles sur la philosophie de Deleuze (et de Deleuze et Guattari) au département de philosophie et au LLCP (le Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie EA 4008). Il prend pour occasion la commémoration du centenaire de la naissance de Gilles Deleuze en 2025 (100 + 1) pour discuter les recherches en cours, de manière transdisciplinaire. Il se déroule chaque semaine au second semestre le mardi de 15h à 18h en salle A028. Ce séminaire s’inscrit dans la filiation du centre expérimental de Vincennes fondé par Michel Foucault, Gilles Châtelet et où Deleuze a d’abord enseigné avant de continuer à Saint-Denis, il participe aujourd’hui au partage des recherches dans une « université des créations ».
1ère séance : Mardi 27 janvier 2026
Jean-Claude BONNE (EHESS), « Du diagrammatisme dans l’image médiévale »
Argumentaire :
S’appuyant sur une déterritorialisation du réalisme de l’art antique, l’image médiévale s’est construite sur l’articulation d’une processualité matérielle intense des formes et des couleurs avec une conception théologique du monde compris comme une création divine. Cette processualité dénaturalisante prend les aspects d’une ornementalité qui n’est pas confinée à la production de compositions locales (dans les bordures particulièrement), elle est aussi un procédé transversal d’intensification de l’image, laquelle s’articule aussi avec des effets graphiques ou plastiques, colorés ou lumineux sans assignation figurative déterminée cherchant à rendre sensible l’Infigurable. La spiritualisation du sensible n’en est pas la négation, elle impliquait une sensibilisation du spirituel. On précisera ces idées sur l’analyse de deux images décorant un manuscrit liturgique du Xe siècle représentant, l’une, l’Annonciation, l’autre, la Seconde Venue du Christ à la fin des temps qui se veulent, l’une et l’autre, des épiphanies du sacré.
Jean-Claude Bonne est directeur d’études retraité de l’EHESS où il a été membre du Groupe d’Anthropologie historique de l’Occident médiéval (GAHOM) et du Centre d’histoire/théorie des arts (CEHTA). Travaille entre l’art médiéval et l’art moderne et contemporain sur lesquels il a publié de très nombreux articles.
Parmi ses publications : L’art roman de face et de profil. Le tympan de Conques, Paris, Le Sycomore, 1984 ; La Pensée-Matisse. Portrait de l’artiste en hyperfauve, avec Éric Alliez, Paris, Le Passage, 2005 ; Le Monde roman : par-delà le bien et le mal, avec Jérôme Baschet et Pierre-Olivier Dittmar, Paris, éditions arkhê, 2012.
4ème séance : Mardi 17 février 2025
Alberto TOSCANO (Goldsmiths, London University), Entre le « minimum d’État » et l’« État suicidaire » : Repenser le fascisme contemporain avec Deleuze et Guattari
Argumentaire :
Dans Mille Plateaux et dans le cours de Deleuze intitulé Sur l’appareil d’État et la machine de guerre, nous découvrons une distinction contre-intuitive, voire singulière, entre un fascisme qui culmine dans un État suicidaire et un totalitarisme défini par son ambition d’atteindre la minimisation de l’État. Écrivant dans le sillage des débats des années soixante-dix sur le « nouveau fascisme » et alors que ce qu’on a appelé le néolibéralisme émergeait sous sa forme la plus brutale (la dictature de Pinochet au Chili), la reformulation par Deleuze et Guattari de la relation entre fascisme et totalitarisme (et entre ceux-ci et la social-démocratie) résonne très différemment dans une conjoncture comme la nôtre, où projets « anarcho-capitalistes » et dynamiques de fascisation ont trouvé de nouvelles et puissantes articulations. Cette conférence explorera la question de savoir si la délimitation des polarités du pouvoir étatique par Deleuze et Guattari peut éclairer notre présent, tout en évaluant les effets de leur utilisation des analyses du fascisme en tant qu’État et mouvement par Hannah Arendt et Paul Virilio.
Alberto Toscano co-dirige le Center for Philosophy and Critical Theory à Goldsmiths, Université de Londres, où il est Emeritus Professor of Critical Theory. Il enseigne au Brooklyn Institute for Social Research. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages récents : Il tempo dei mostri : Trump e la crisi dell’egemonia americana (2026) ; Communism and Philosophy : Essays on Alain Badiou and Toni Negri (2025) ; Late Fascism : Race, Capitalism and the Politics of Crisis (Verso, 2023), traduction française : Fascisme tardif. Généalogie des extrêmes droites contemporaines, Éditions La Tempête, 2025 ; Terms of Disorder : Keywords for an Interregnum (Seagull, 2023) ; et Fanaticism : On the Uses of an Idea (Verso, 2010 ; 2e éd. augmentée, 2017), disponible en français sous le titre Le Fanatisme. Modes d’emploi (La Fabrique, 2011). Toscano a également traduit en anglais des textes d’Antonio Negri, d’Alain Badiou, de Franco Fortini et de Furio Jesi. Il vit à Vancouver.
