23 septembre 2014 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe
Présentation du livre d’Alicia Noemí Farinati (UBA, Argentine)
Philosophies de la démocratie. Politiques de l’inégalité (L’Harmattan, Paris, 2013)
En dialogue avec Monique Chemillier Gendreau (Université Paris 7) et Patrice Vermeren (Université Paris 8)
Alicia Farinati a deux passions : Hegel et la démocratie. Dans l’ombre de Hegel, un spectre nous hante, écrit-elle : le spectre de la nécessité de la démocratie. Mais toute la question, et c’est celle de ce livre, est celle-ci : de quelle démocratie s’agit-il ? Quel sens donner à ce projet, de penser au présent les avatars de la démocratie au XXe siècle et ce début du XXIe, en Argentine, en Amérique latine et dans le monde, dans l’(in)actualité de la référence à Hegel ? Lecture particulièrement stimulante que celle de ces pages d’une philosophie dont le questionnement concerne tout citoyen d’aujourd’hui.
Alicia Farinati, juriste et philosophe, est professeur du droit public à l’Université de Buenos Aires. Elle travaille sur la démocratie et les inégalités, ainsi que sur l’idéalisme allemand.
3 novembre 2014 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe
Présentation du livre Le symptôma grec (ed. Lignes)
Avec les contributions d’A. Badiou, E. Balibar, H. Caygill, M. Cuillerai, C. Douzinas, A. Fernadez-Savater, M. Kakogianni, C. Louis, T. Negri, E. Papageorgiou, J. Rancière, Y. Stavrakakis et B. Théret
Avec, en qualité de répondants, Maurizio Lazzarato (prof. invité Université Paris 8), María Susana Paponi (Universidad Nacional del Comahue), Étienne Tassin (Université Paris 7) et Ricardo Espinoza (PUC Valparaíso/Goldsmiths, University of London)
Du 18 au 20 janvier 2013 s’est tenu à l’université de Paris 8 (Saint-Denis) le colloque intitulé « Le Symptôma grec », en présence de penseurs, d’artistes et d’activistes de plusieurs pays. Cette rencontre plaçait les intervenants dans la délicate situation de devoir penser notre temps, aux conditions de la philosophie ou de leurs disciplines respectives. Les textes qui composent le volume correspondent à un choix parmi les principales interventions. Chaque contributeur fait part de son analyse, et s’emploie à soumettre sa théorie à une situation urgente, sans méconnaître les difficultés d’un tel exercice.
Malgré ou grâce – selon l’analyse qu’on privilégie – à des traitements de choc, les effets désastreux de la crise financière de 2008 ne font que s’amplifier. Pour le cas de la Grèce, si l’on affirme qu’elle a retrouvé « la confiance des marchés financiers », cela est au prix de la destruction méthodique de toute forme d’État social conditionnée par la « troïka » (FMI, BCE, UE). D’autre part, notre présent atteste l’émergence des nouveaux mouvements populaires qui semblent « mettre en crise » les catégories, les formes d’organisation et d’engagement politiques tout en initiant la recherche active des nouveaux formalismes. Dans ce contexte, la pensée du/au présent doit s’attacher à la fonction créative de la crise qu’elle subit.
A l’occasion de la sortie du livre, « Le symptôma grec », l’équipe des Dialogues Philosophiques propose une rencontre entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe autour de l’expérience de la crise, des thérapies-choc, et des mouvements d’émancipation qui s’élèvent.
6 janvier 2015 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe
Conférence d’Aurea Motta (TRAMOD, Université de Barcelone / CLACSO)
La divergence américaine, le monde occidental moderne et le paradigme de l’histoire
Avec, en qualité de répondants, Capucine Boidin (IHEAL) et Susana Villavicencio (Institut Gino Germani, UBA)
Cette conférence à la Maison de l’Amérique latine (19h-20h30) fait suite à la Journée d’études : Diversité culturelle, subjectivation et communauté politique, qui s’est tenue à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme le 06 janvier 2015, entre 9h et 17h
Organisé par le Groupe de recherche « Démocratie, citoyenneté et diversité culturelle dans la mondialisation »
Coordination : Susana Villavicencio, Valentine de Boisriou
Avec le soutien du Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie, Université Paris 8 et de l’Instituto Gino Germani, Universidad de Buenos Aires
3 février 2015 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe
Présentation du livre de Luis Gonzalo Ferreyra
Philosophie et politique chez Arturo Andrés Roig
Vers une philosophie de la libération latino-américaine (1945-1975) (Paris, L’Harmattan)
Avec, en qualité de répondants, Patrice Vermeren (Université Paris 8) et Bertrand Ogilvie (sous réserve)
Philosophie et politique chez Arturo Andrés Roig. Vers une philosophie de la libération latino-américaine (1945-1975)
Cet ouvrage résulte du souhait, à partir de la mise en relation du discours philosophique avec le politique, de rendre compte des allers-retours de la pensée d’un des philosophes majeurs de l’Amérique latine.
Cette problématique a mené l’auteur à parler de sa radicalisation philosophico-politico-pédagogique, d’une part, et du curriculum occultum, d’une autre. La première souligne le tournant principal dans sa réflexion qui se concrétise autour de la Philosophie de la Libération des années 70 donnant ainsi naissance à sa période latino-américaniste. Le second concept veut mettre en valeur, malgré les tournants et ruptures opérés dans sa pensée contemporaine, sa fidélité à la période que la précède, à savoir, à la philosophie classique et principalement au platonisme. Il faudra donner une grande importance, locus enuntiationis oblige, à son séjour parisien entre 1953-1954, auprès de Pierre Maxime Schuhl, Jean Wahl et Jean Hyppolite.
L’auteur de ce livre met en scène un philosophe et son combat au milieu des circonstances institutionnelles et politiques où se produit le discours philosophique. À partir de la confrontation du discours philosophique et universitaire de Roig avec son engagement émancipateur des années 70, nous voulons donner une nouvelle perspective à sa singularité philosophique : du penseur engagé et philo-marxiste, vers le méconnu ou oublié, spiritualiste, platoniste, pédagogue et « réformiste ».
Le grand enjeu de notre travail est de rompre ainsi avec le commentaire académique de son œuvre, qui prend parfois des airs canoniques.
Luis Gonzalo Ferreyra, né en Argentine en 1978, vit en France depuis 2004. Il est professeur de philosophie dans le second degré en Argentine, docteur en philosophie de l’université Paris 8 et chercheur associé au Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie de l’école doctorale Pratiques et Théories du sens de l’université Paris 8.
3 mars 2015 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe
Présentation du livre de Jean-René Garcia, Denis Rolland et Patrice Vermeren
Les Amériques, des constitutions aux démocraties (FMSH Éditions, mars 2015)
Avec les contributions de (par ordre d’apparition dans l’ouvrage) Jean-Michel Blanquer, Jean-René Garcia, Caroline Rolland-Diamond, Yann-Arzel Durelle-Marc, Patrice Vermeren, Alicia Farinati, Marisa Muñoz, Corina Yturbe, Alfredo Isla Colín, Egla Cornelio Landero, Freddy Domínguez-Nárez, Silvana Carozzi, Emilio de Ipola, Georges Navet, Stéphane Douailler, Éric Sauray, Laurence Whitehead, Denis Rolland, Hubert Gourdon, Susana Villavicencio, Guy Mazet, Oscar Sarlo, Nora Wolfzun, Mónica Pinto, Francisco Colom González, Javier Gallardo, Eduardo Piazza, Liliana Vela, Marcelo Raffin, Charles Ramond, Ricardo Viscardi, Angelica Montes, Marc Augé.
Les Amériques, des constitutions aux démocraties
Programme :
Exposition de l’ouvrage par la maison d’édition de la FMSH
Présentation du livre par les directeurs de la publication
Intervention de quelques contributeurs (dont S. Douailler, G. Navet et G. Mazet)
Échange avec le public
7 avril 2015 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe
Conférence de Jhon Picard Byron (Université d’Etat d’Haïti)
Jean Price-Mars : enjeux et défis du développement des études ethnologiques en Haïti ?
Avec, en qualité de répondants, Elisabeth Cunin (IRD, URMIS-Unité de Recherche Migrations et Société), Yala Kisukidi (Université de Genève/Ciph) et Pauline Vermeren (Université Paris 7)
Cette communication s’inscrit dans une dynamique qui, tout en retraçant l’intelligibilité des études ethnologiques haïtiennes, cherche à les renouveler. Elle remonte ainsi au 19e siècle, à l’engagement anthropologique hâtif, voire prématuré, de certains penseurs haïtiens que même « l’anthropologie critique » semble avoir manqués. S’interrogeant sur la signification du geste de James Clifford (1988) de remonter seulement jusqu’en 1939 et à Césaire pour trouver les précurseurs de la « contre-écriture », l’intervenant invite à re-contextualiser les discours des premiers anthropologues haïtiens pour en saisir leurs enjeux et leurs limites. Louis Joseph Janvier, Joseph Anténor Firmin et Hannibal Price, sont des écrivains ayant contribué à remettre en cause l’idéologie de la supériorité raciale avec pourtant ce biais de garder en ligne de mire les attentes de l’anthropologie européenne, oubliant de faire la lumière sur les éléments de la culture haïtienne. Jean Price-Mars sera le premier à marquer une rupture dans la manière de penser la discipline anthropologique depuis Haïti en y intégrant des éléments de la culture populaire, rompant ainsi avec le « modèle social néocolonial » des élites haïtiennes. Cette attitude retentissante du point de vue scientifique l’est non moins du point de vue politique, pour cet auteur issu lui-même des élites haïtiennes, qu’il parvint à critiquer afin de créer son idéal de la nation haïtienne, passant par la reconnaissance culturelle et politique des classes populaires. L’œuvre de Price-Mars souvent mal comprise ne l’a pas empêché de poser les bases du développement de la discipline anthropologique en Haïti en la mettant au cœur de l’Université d’État naissante. Contre ceux qui ont voulu montrer ou divulguer le contraire, cette contribution montre bien comment la dictature des Duvalier, loin de toutes les apparences trompeuses, a ralenti, ankylosé voire meurtri le développement de la discipline en Haïti la coupant de son développement mondial certain. De ces méfaits, l’ethnologie haïtienne peine encore à se relever aujourd’hui, malgré les efforts de la Faculté d’Ethnologie qui tente de relancer ces dernières années la discipline et l’appétit des Haïtiens à « écrire eux-mêmes leurs propres différences culturelles » en ayant soin de l’inscrire dans le cours de l’anthropologie mondiale.
Jhon Picard Byron. Enseignant-chercheur à l’Université État d’Haïti (UEH), Directeur du Département Anthropologie-Sociologie et responsable de la Maîtrise en Anthropologie sociale de la Faculté d’Ethnologie, membre titulaire du laboratoire LADIREP (LAngages, DIscours, REPrésentations), il dirige actuellement le projet de recherche « L’ethnologie en Haïti : Faire l’histoire de la discipline pour accompagner son renouveau » et vient de publier Production du savoir et construction sociale. L’ethnologie en Haïti (2014, Presses de l’Université Laval et éditions de l’UEH). Signalons parmi ses publications : « Séquelles de l’esclavage, identité culturelle et construction de la citoyenneté en Haïti dans l’œuvre de Jean Price-Mars », in F. Saillant & A. Boudreault-Fournier (dir.), Afrodescendance, cultures et citoyennetés, Québec, PUL, 2012 ; « Jean Price-Mars, la formation de « l’école haïtienne d’ethnologie » et le vodou », in E. Eadie (dir.), L’Esclavage de l’Africain en Amérique du 16e au 19e siècle – Les Héritages, Perpignan, PUP, 2012.
5 mai 2015 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe, en collaboration avec le Collège international de philosophie
Conférence de Cesar Candiotto (Pontifícia Universidade Católica do Paraná)
Gouvernementalité (néo)libérale et processus d’individualisation chez Michel Foucault
Avec, en qualité de répondants, Viviane Horta (Université Paris VIII), Guillaume Le Blanc (Université Bordeaux III) et Diogo Sardinha (Collège international de philosophie, Université Paris I)
On peut formuler notre recherche de la manière suivante : si le néolibéralisme est une modalité de gouvernementalité biopolitique centrée sur le souci de la vie de la population, est-ce que celui-ci n’est pas un déploiement contemporain du souci de soi, identifié, plus tard, par Foucault chez les Anciens ? Notre étude prétend examiner si la constitution de l’individu comme libre entrepreneur de soi, telle que la gouvernementalité biopolitique néolibérale la présente, est une modalité du souci de soi ou, au contraire, si cette détermination est une tentative insidieuse de l’époque contemporaine de modeler l’individu et de contrôler ses flux vitaux. Si la dernière option est la bonne, elle peut minimiser, voire rendre illégitime, une lecture qui mélangerait la constitution de l’individu néolibéral par le souci biopolitique de la vie et le souci de soi du dernier Foucault.
Cesar Candiotto, Docteur en Philosophie, Professeur du master et doctorat en Philosophie à la PUC du Paraná et chercheur du CNPq-Brésil. Il fait une recherche postdoctorale à l’UPEC et à SciencesPo Paris (2014-2015) sur la réception française de la pensée politique et éthique de M. Foucault. Il a publié des livres, des articles et des chapitres au Brésil et à l’étranger, notamment l’ouvrage Foucault et la critique de la vérité (2e éd., 2013, ed. Autêntica). Il a édité trois dossiers internationaux sur la philosophie française dans la Revue de Philosophie Aurora : « Foucault et Deleuze » (2013), « Parrhesia » (2011), « Politique et biopolitique » (2009). Il prépare un livre sur Le Pouvoir et la gouvernementalité chez Foucault.
2 juin 2015 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe
Conférence d’Amalia Boyer (Universidad del Rosario de Bogota)
Archive, performance et philosophie
Les pratiques performatives féminines du groupe Koré Dance Theatre (Barranquilla 1982-1997)
Avec, en qualité de répondants, Carlos Contreras (Universidad de Chile) et Karen Wild Díaz (Universidad de la República, Uruguay)
Grâce à la bourse de recherche obtenue dans la catégorie de « corps et mémoire de la dance » du Ministère de Culture colombien, Amalia Boyer a pu constituer l’archive du Groupe Koré Dance Thèatre (1982-1997), collectif artistique crée à Barranquilla par un groupe conformé uniquement de femmes. Les fruits de cette recherche seront présentés à partir d’une perspective processuelle qui problématise les rapports entre l’archive, la philosophie et la performance. En effet, la constitution de l’archive Koré est en étroit rapport avec un archipel d’archives incluant celle de la « chercheuse » elle même, produisant des croisements entre philosophie et performance. Donner vie à l’archive, rendre le caractère vivant aux performances enregistrées à partir de l’incorporation de l’archive à travers l’usage et agencement de citations textuelles et gestuelles, ont donné lieu à plusieurs conférences-performances comme tant de réponses possibles aux besoins de la « philosophe » et « chercheuse » Boyer de comprendre à travers de son propre corps et expériences ce qu’elle a trouvé (au sens d’une « rencontre » ou d’un« événement ») dans sa recherche des archives Koré.
Amalia Boyer, issue de deux cultures (françaises et colombiennes), a fait ses études universitaires en Angleterre : elle est docteur en philosophie de l’Université de Warwick où elle a obtenu aussi un Master en Philosophie Continentale, et elle a obtenu son BA en Philosophie et Lettres à Anglia Ruskin University. Elle réside en Colombie depuis 2001 où elle est enseignante et chercheuse dans le domaine de la philosophie française contemporaine, la philosophie feministe, la pensée des Caraïbes et l’esthétique. Ses recherches portent sur les rapports entre ontologie et politique, sur le “tournant spatial”, le contemporain et les pratiques artistiques féminines / féministes. Elle est professeur principal á l’Université del Rosario où elle dirige le programme de philosophie, et est sous-directrice du groupe de recherche inter-institutionel (U. Rosario, U. Andes, U. Nacional) en “Esthétique et Politique”. Elle a été professeure invitée à l’Université de Mainz en Allemagne et a presenté de nombreuses conférences dans différents pays (France, Italie, U.S.A., Angleterre, Chili, Argentine, etc.). Elle a participé aux deux Biennales de Performance Philosophy (Surrey, UK, et Chicago, U.S.A.) et aux Open Studio de la Cité des Arts à Paris avec son travail en philoperformance. Elle est membre de la Société Colombienne de Philosophie (SCF), de la Caribbean Philosophical Association (CPA), du Réseau de Biopolitique et du Research Network for Performance Philosophy (PP).