Séminaire. Les Dialogues Philosophiques. Rencontres entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe 2015-2016

6 octobre 2015 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe

Présentation du livre de Nadia Tahir (Université de Caen – Normandie)
Argentine, Mémoires de la dictature (PUR, 2015).

Avec, en qualité de répondants, Marie-Claire Lavabre (CNRS), Ninon Grangé (Université Paris 8) et David Copello (Sciences Po)

Cette étude retrace les parcours de sept associations de victimes de la dernière dictature militaire en Argentine (1976-1983), depuis leur naissance jusqu’en 2007. Nadia Tahir analyse comment ces associations, qui sont de véritables acteurs politiques, contribuent à la construction d’une mémoire collective sur « ?ce passé qui ne passe pas ? ». L’auteur montre également que leurs discours et actions ont été conditionnés par des politiques de gestion du passé dictatorial établies par les gouvernements successifs.

Nadia Tahir travaille sur les processus de constructions mémorielles autour du passé de la dictature argentine de 1976-1983. Elle a publié plusieurs articles dans des revues scientifiques et des ouvrages collectifs. Elle est actuellement maître de conférences à l’université de Caen Basse-Normandie et membre de l’équipe de recherche sur les littératures, les imaginaires et les sociétés (ERLIS-EA 4254). Elle collabore avec des équipes de recherche en France, Espagne et Argentine. Elle a enseigné dans les universités de Paris 7 Denis Diderot et Paris-Sorbonne. Cet ouvrage est issu de son travail de doctorat à l’université Paris-Sorbonne sous la direction du professeur Miguel Rodriguez.

8 décembre 2015 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe

Conférence de Jorge Dávila (Université de los Andes, Mérida, Venezuela)
L’errance de Michel Foucault

Avec, en qualité de répondants, Alain Gigandet (Université Paris-Est-Créteil-Val de Marne), Guillaume Le Blanc (Université Paris-Est-Créteil-Val de Marne) et Luz María Lozano Suárez (Universidad del Atlantico, Colombie)

Les textes de M. Foucault en hommage à G. Canguilhem offrent des pistes pour comprendre sa notion d’errance. Cette notion, à peine visible et lisible dans la pensée de Foucault, occupe pourtant une place d’importance capitale lorsqu’on cherche à construire un fondement quasi-ontologique à la condition humaine. Au cours de cette conférence, on se propose de retracer le parcours d’interprétations données à la sentence foucaldienne selon laquelle l’homme est un vivant voué à errer, afin d’arriver à cette idée d’un fondement possible. On se posera également la question du rapport entre cette notion et la citation cryptique de R. Char par M. Foucault.

Jorge DÁVILA (1954). Professeur titulaire au Centre de recherches en Systémologie interprétative de l’université des Andes (Mérida, Venezuela). Il a notamment publié : Michel Foucault, lector de Kant (avec F. Gros), ULA, 1998 ; El Jesús de Spinoza (textes traduits de B. Pautrat), ULA, 2004 ; Venezuela : pétrole et rébellion des managers, L’Harmattan, 2009 ; Bolívar y Spinoza, reflejos doctrinarios, Fundecem, 2014 ; Foucault, literatura y conocimiento, bid&co editor, 2014 ; Trazas de Foucault, bid&co editor, 2014 ; Simón Bolívar – Escrito en Jamaica, Fundecem, 2015.

5 janvier 2016 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe

Présentation du livre de Jordi Carmona Hurtado (Universidade Federal de Campina Grande, Brésil)
Hannah Arendt. Patience de l’action (L’Harmattan, 2015).

Avec, en qualité de répondants, Camille Louis (Paris 8), Étienne Tassin (Paris 7) et Mansur Tayfuri (Paris 8)

Ce livre est né de la rencontre de deux processus hétérogènes. D’un côté, il est traversé par une tentative de remémoration d’une situation politique précise, qui fut pour nous fondamentale, celle qui se déclencha à Madrid le 15 mai 2011, mais qui demeure incompréhensible tant qu’on ne la relie pas à une séquence plus large précédée par les révoltes et révolutions dans plusieurs pays arabes et suivie par les différentes vagues d’Occupy. On dit bien remémoration, et non interprétation, encore moins jugement. Car ce qui était important pour nous, c’était de refléter, à même le tissu sensible des phrases et de l’assemblage des scènes de la pensée, l’espace d’ouverture provoqué par cette apparition toute récente de ce qu’Arendt nomme souvent le « trésor perdu », et qui risquait de disparaître peu après, lorsque sa brillance est devenue moins éclatante, dans une actualité dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est pas tout à fait prête à l’accueillir. C’est pourquoi, selon cette manière un peu oblique, cet essai voudrait constituer un témoignage, qui n’est attentif qu’aux faits, de ce monde des assemblées et de l’occupation des places.
Or ces faits portent eux-mêmes une raison, ou appellent des raisons. Cette raison ou ces raisons, on a cru pouvoir les déplier par le biais d’une interprétation d’une œuvre de pensée, celle d’Arendt. De cette œuvre, deux ordres de questions nous ont particulièrement retenu. C’est d’abord l’insistance sur un certain monde historique de la politique, le monde conseilliste, dont on a tenté de saisir les conditions, les contours, les logiques de constitution. C’est ensuite la quête d’un certain mode de la pensée qui serait à même de se déployer dans ces conditions effectives de la politique, dans les conditions de la pluralité, et que nous avons thématisé sous le nom de pensée plurielle. Cette pensée plurielle, en tant que forme de la pensée appartenant à ce monde conseilliste ou assembléaire de la politique, en tant que pensée politique, est ce qui se situe véritablement au cœur de la présente tentative – et elle est peut-être aussi ce qui lui résiste le plus. Elle symbolise, en tout cas, ce qui nous est apparu comme l’inouï qui s’est révélé au sein des mouvements récents : la possibilité d’un exercice à découvert et en plein air de la pensée, qui peut être décrit comme une patience de l’action.

Jordi Carmona Hurtado est né en 1979 à Elx, une petite ville ouvrière connue pour ses palmiers, au sud-est de l’Espagne, près de la Méditerranée. Il a étudié la philosophie à Murcia, Madrid et Paris. Il a fait partie de collectifs d’art contemporain et s’est engagé au sein de plusieurs mouvements sociaux et politiques, notamment le 15-M en Espagne. En 2012 il a soutenu son doctorat en cotutelle avec l’Universidad Autónoma de Madrid et l’Université Paris VIII. Cette recherche doctorale est parue en mai 2015 dans la collection « Ouverture Philosophique » aux éditions L’Harmattan, sous le titre Hannah Arendt. Patience de l’action. Depuis 2013 il habite au Brésil, d’abord à Natal, où il a mené un postdoctorat à l’Universidade Federal do Rio Grande do Norte, puis à Campina Grande, où il est actuellement professeur de philosophie moderne, spécialiste en esthétique, à l’Universidade Federal de Campina Grande.

2 février 2016 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe

Présentation du livre de Luis Martínez Andrade (EHESS) : Religion sans rédemption. Contradictions sociales et rêves éveillés en Amérique latine (Van Dieren éditeur, 2015).

Avec, en qualité de répondants, Yala Kisukidi (Collège international de philosophie-Université de Genève) et Stéphane Douailler (Paris 8)

Ce livre est né de la rage et de l’espoir : la rage que provoquent l’injustice, l’exploitation et l’inégalité qui caractérisent le monde d’aujourd’hui et plus particulièrement notre continent, et l’espoir qui s’enrichit de l’esprit des « rêves éveillés » autour duquel s’articule le Principe Espérance, œuvre phare du penseur marxiste Ernst Bloch. Cet espoir est indispensable pour ne pas tomber dans le défaitisme et le scepticisme. Il alimente également les revendications de la lutte que livrent les vaincus d’aujourd’hui et de toujours dans le but d’établir un ordre social qui puisse aller au-delà du capitalisme bien réel, un capitalisme caractérisé en outre sur notre continent par la dépendance néocoloniale.
Les cinq essais qui composent ce livre sont traversés par trois fils conducteurs essentiels selon Renan Vega Cantor dans la préface : la critique de la colonialité du pouvoir, du capitalisme et de l’eurocentrisme ; la revendication d’une analyse de la religion en tant que cri de révolte des pauvres contre l’exploitation ; le capitalisme en tant que relation destructrice des corps des travailleurs et de la nature.

Luis Martínez Andrade (1981, Puebla) est Mexicain. Docteur en sociologie de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. En 2009, il a reçu le premier prix du concours international de l’essai « Penser à Contrecourant » délivré par l’Institut Cubain du Livre, le Ministère de la Culture de Cuba et l’Edition des Sciences Sociales. Il est l’auteur de Religion sans rédemption. Contradictions sociales et rêves éveillés dans l’Amérique latine (Van Dieren 2015, paru en espagnol, polonais et anglais), Écologie et libération. Critique de la modernité dans la théologie de la libération (Van Dieren 2015) et Las dudas de Dios : Teología de la liberación, ecología y movimientos sociales (Otramérica, 2015).

8 mars 2016 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe

Présentation du livre de Matthieu Renault (Paris 8)
C.L.R. James. La vie révolutionnaire d’un « Platon noir » (La Découverte, 2015).

Avec, en qualité de répondants, Amzat Boukari-Yabara (EHESS), Jean-Jacques Cadet (Paris 8) et Pauline Vermeren (Paris 7)

Qui, en France, connaît C. L. R. James ? Né en 1901 à Trinidad, alors colonie de la Couronne britannique, et mort à Londres en 1989, celui que le Times dénomma à la fin de sa vie le « Platon noir de notre génération » est pourtant une figure intellectuelle et politique majeure d’un siècle qu’il aura traversé presque de part en part. Intellectuel diasporique par excellence, militant panafricain de la première heure, James a pris part aux grands mouvements de décolonisation de son temps en Afrique et dans la Caraïbe et fut un acteur de premier plan des luttes noires aux États-Unis. Fervent partisan de Trotski avant de rompre avec l’héritage de ce dernier pour défendre la thèse de l’auto-émancipation des masses ouvrières-populaires, James eut un destin étroitement imbriqué dans celui du marxisme au XXe siècle. Pour ce « marxiste noir », révolution socialiste et luttes anticoloniales-antiracistes étaient intimement enchevêtrées : elles s’inscrivaient dans l’horizon d’une « révolution mondiale » dont la source et le centre ne pouvaient plus être la seule Europe. C’est à celle-ci que James s’est voué corps et âme pendant plus de cinq décennies, débattant et collaborant avec ses contemporains aux quatre coins du monde. Dans une conjoncture où la gauche radicale éprouve de grandes difficultés à renouveler ses stratégies face aux revendications des minorités non blanches et où la critique de l’eurocentrisme bat de l’aile, méditer la vie et l’œuvre de James pourrait se révéler essentiel dans la tâche de construction d’une pensée de l’émancipation qui soit, enfin, à la mesure du monde.

Matthieu Renault est maître de conférences en philosophie à l’université Paris-8 Vincennes-Saint-Denis. Il est l’auteur de Frantz Fanon. De l’anticolonialisme à la critique postcoloniale (Amsterdam, 2011) et de L’Amérique de John Locke. L’expansion coloniale de la philosophie européenne (Amsterdam, 2014).

10 mai 2016 – Séminaire Dialogues philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe

Conférence de Silvana Rabinovich (Université nationale autonome du Mexique)
Hétéronomies darwichiennes. Exil domiciliaire et utopie poétique (Darwich avec et malgré Levinas)

Avec, en qualité de répondants, Martine Leibovici (Paris 7) et Georges Navet (Paris 8)

Avec Levinas et malgré lui. L’Autre levinassien a un nom : Mahmoud Darwich. Sa poésie, donnant la parole aux Palestiniens qui se trouvent en situation d’exil domiciliaire (ajouté à leur évident exil géopolitique), est un chant d’utopie qui ne connaît ni murs ni frontières. Son commandement est entendu comme « tu traduiras ». À la façon de l’interprétation levinassienne du « tu ne tueras point » – c’est-à-dire d’être obligé à faire vivre autrui – le commandement de traduire auquel interpelle Darwich signifie : « tu feras en sorte que le cri des exilés chez soi de chaque recoin du monde soit entendu dans toutes les langues de Babel ».

Silvana Rabinovich, docteur en philosophie par la Faculté de Philosophie et Lettres (FFyL) de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM), elle détient un Master en philosophie de l’Université Hébraïque de Jérusalem Pédagogue et une Licence en philosophie de l’Université Nationale de Rosario (Argentine). Actuellement, elle est chercheur à l’Institut de recherches Philologiques (IIFL) de l’UNAM, tutrice du programme de master et doctorat de la FFyL de l’UNAM et coordonne le projet de recherche PAPIIT IN 401215 « Hétéronomies de la justice : d’exils et utopies » au IIFL de l’UNAM. Professeur invitée en Argentine, Brésil et Espagne. Membre du SNI (Système national de la recherche) niveau II. Dernièrement, elle a écrit Retornos del Discurso del Indio (para Mahmud Darwish) [Retours du Discours de l’homme rouge (pour Mahmoud Darwich)], IIFL, UNAM – Apofis Ed, Mexique(à paraître) ; La Biblia y el drone. Sobre usos y abusos de figuras bíblicas (La bible et le drone. Des usages et abus des figures bibliques), IEPALA, Madrid, 2013 ; Heteronomías de la lectura (Hétéronomies de la lecture) (ed. e-book), Destiempos, México, 2013 ; La trace dans le palimpseste. Lectures de Lévinas L’Harmattan, Paris, 2003 (en espagnol UACM, México, 2005) ; Lecturas levinasianas ( Lectures levinassiennes ed. avec E. Cohen), IIFL, UNAM, México, 2008. Auteur de nombreux articles et chapitres de livres publiés en Mexique, France, Argentine, Espagne, Brésil, Belgique et aux États-Unis. Traductrice de l’hébreu de Martin Buber (Une terre et des peuples) et du français de, parmi d’autres, Emmanuel Lévinas, Enzo Traverso, Hélène Cixous.

7 juin 2016 – Séminaire Dialogues Philosophiques
Rencontres philosophiques entre chercheurs d’Amérique latine et d’Europe

Conférence de Gustavo Celedón(Université de Valparaíso)
Sur la recherche artistique et philosophique ».

En dialogue avec Makis Solomos (Université Paris 8), Valentine Le Borgne de Boisriou (Université de Buenos Aires) et Patrice Vermeren (Université Paris 8)

En Amérique latine et notamment au Chili, la recherche concernant les arts et la philosophie rencontre d’étroites frontières qui ne lui permettent pas un réel développement. Il s’agit certes d’une sempiternelle question, mais qui aujourd’hui se place dans des conditions spécifiques : celles d’un pacte entre la science et l’économie. Ce pacte s’intéresse davantage au processus : plus que les résultats et les possibles découvertes, inventions ou créations de la recherche, ce qui importe c’est le projet, c’est-à-dire la validation des méthodes et des façons avec lesquels on pense, on agit et on bouge dans la pratique de la recherche. Ainsi, selon les normes officielles, il faut montrer non pas que nous sommes capables de faire de la recherche, mais que nous possédons les caractères d’un certain sujet-chercheur auquel nous aspirons (ce qui signifie que la recherche devient une question de création d’inégalité opérant d’après une division de type platonique).
Cependant cet exposé ne cherche pas à dénoncer ou à décrire ce pacte. Nous voudrions mettre l’accent sur le rapport entre la parole (et la non-parole) de l’artiste et la parole (et non-parole) du philosophe, entre paroles venant de champs ou de disciplines différents. C’est-à-dire sur la rencontre entre différents lieux, celui d’un art et d’une pensée : le calcul de la valeur de cette rencontre, la monétarisation de cette distance, revêt une petite dimension et non pas la totalité de l’espace. Ainsi, cette rencontre ne peut pas être accordée par une validation préétablie des mouvements de la pratique de la recherche. La pensée et l’art constituent un temps différent au temps de la méthodologie surveillée.

Gustavo Celedón est professeur à l’École du Cinéma et au sein du Doctorat en Études Interdisciplinaires de l’Université de Valparaíso, Chili. Docteur en Philosophie de l’Université Paris 8, il est correspondant du Collège International de Philosophie au Chili. Il a récemment publié Philosophie et expérimentation sonore (L’Harmattan, 2015) et D’un silence à un autre avec Marie-José Lallart (L’Harmattan, 2016).

L’équipe du séminaire des Dialogues Philosophiques

Direction scientifique : Stéphane Douailler, Eric Lecerf, Georges Navet, Bertrand Ogilvie, Patrick Vauday et Patrice Vermeren (Université Paris 8), Marie Cuillerai, Martine Leibovici et Etienne Tassin (Université Paris 7), Nelson Vallejo-Gomez (FMSH).

Équipe de Recherche : Julie Alfonsi (Paris 7), Daniel Alvaro (UBA), Marie Bardet (Paris 8 / Espacio Eclectico Buenos-Aires), Andrea Benvenuto (EHESS), Mercedes Betria (Universidad de Rosario), Laura Brondino (Lille 3), Jean-Jacques Cadet (Paris 8), Gustavo Celedon (Universidad de Valparaiso), Carlos Contreras (Universidades de Chile y de Valparaiso), Elena Donato (UBA), Louise Ferté (Université de Picardie), Maria Soledad Garcia (Universidad nacional de Colombia), Nicolas Garibaldi (Universidad de Cordoba), Obed Frausto Gatica (UNAM), Claudia Guitérrez (Universidad de Chile), Marco Iazzetta (Universidad Nacional de Rosario), Camille Louis (Paris 8), Luz Maria Lozano Suarez (Universidad del Atlantico, Barranquilla), Martin Macias (Paris 8/UDELAR), Geoffroy Mannet (Paris 8), Julio Miranda Canhada (Universidade de Sao Paulo), Angélica Montes (ESSEC/LLCP-Paris 8), Carlos Pérez López (Conicyt-Chile / Universidad de Chile /Pontificia Universidad Católica de Valparaíso), Nelson F. Roberto (Paris 8), Soledad Nivoli (Universidad de Rosario), Senda Inés Sferco (CONICET, IIGG-UBA), Pauline Vermeren (Paris 7), Aurélie Veyron-Churlet (Terra), Agostina Weler (Paris 8), Karen Wild Diaz (Paris 8).