VOLLAIRE Christiane 6.09.2014

Titre de la thèse : L’exercice médical comme tension entre esthétique et politique
Auteur / Autrice : Christiane Vollaire
Direction : Alain Brossat
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 06/09/2014
Etablissement(s) : Paris 8
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pratiques et théories du sens
Equipe de recherche : Laboratoires d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie
Jury : Président / Présidente : Pascal Nouvel. Examinateurs / Examinatrices : Alain Brossat, Eugénia Vilela, Manola Antonioli, Monique Sicard. Rapporteurs / Rapporteuses : Gérard Danou
DOI : 10.70675/db13c988z674cz47a0zb948za9a6767ca5b0

Résumé : Ce travail vise à ouvrir au champ de l’esthétique le complexe des problématiques biopolitiques défini par Michel Foucault. On y établit donc des croisements entre trois domaines originellement dissociés : celui de l’exercice médical (articulation entre théorie et pratique), celui de l’esthétique et celui du politique. La méthode se fonde sur un constat critique : celui des processus de désesthétisation en médecine, engageant une pensée de l’esthétique comme fondement des processus de subjectivation. Hannah Arendt, dans Juger, établissait chez Kant la fonction profondément politique du jugement esthétique en tant que fondateur de communauté. Ici, c’est en partant d’une pensée critique de la médecine que nous voulons établir cette fonction politique du rapport à l’esthétique. On élaborera ainsi ce que Brecht appelait un montage, au sens à la fois conceptuel et esthétique : non pas un simple collage, mais ce qui vise à faire surgir les résonances entre des plans discontinus, entre des seuils. On désignera d’abord comme politiques de désesthétisation ce qui tend, dans l’exercice médical à désapproprier le sujet de ses propres représentations au nom d’une pseudo-rationalité. On élaborera ensuite un concept de l’inassignable, du rapport à la mort aux conduites addictives, et aux conduites esthétiques. On montrera enfin, à partir du croisement entre les pensées de Rousseau, de Foucault, d’Edward Saïd et de Simone Weil, la nécessité réesthétisante d’un engagement du penseur dans son objet par une philosophie de terrain, à l’encontre de l’affectation de scientificité produite par le versant positiviste du discours médical.