Camille LOUIS, Kom.Post

Née en 1984, Camille LOUIS est à la fois artiste dramaturge, co-initiatrice du collectif international kom.post (composé de chercheurs, artistes et activistes) et docteure en philosophie, enseignant dans les Universités de Paris 7 et Paris 8.

Ses recherches se situent au croisement de l’art et de la politique et elles s’incarnent dans des propositions dramaturgiques de types divers qui visent, toujours, à modifier les conditions de perception de ce que l’on nomme « action » (drama). Cette exigence circule des nombreux articles et essais qu’elle a publiés en France principalement, aux conférences performatives présentées dans de multiples universités ou festivals internationaux, en passant par différents dispositifs artistiques montrés dans de prestigieux festivals à travers le monde. Les travaux artistiques de Camille Louis ont notamment été montrés au festival d’Avignon, festival TanzImAugust de Berlin, Biennale de Moscou, festival MIR d’Athenes, Idance à Istanbul, Festival International de Buenos Aires et, pour l’année 2017, festival Experimenta Sur de Bogota.

Elle a soutenu en 2016 sa thèse de doctorat en philosophie à l’Université Paris 8 sur La recomposition de la politique dans les décompositions des politiques. Conflictualité des dramaturgies politiques. Elle est qualifiée par les sections 17 et 18 du CNU.

Pour la saison 2016-2017, elle est dramaturge associée de la Maison du spectacle vivant, La Bellone à Bruxelles et elle vit et travaille entre Athènes, Bruxelles et la Colombie où elle mène un projet au croisement de la philosophie, de la dramaturgie et de l’action politique : le cycle de fabriques du commun avec pour thème « mémoires conflictuelles et territoires ». Ce projet, accueilli au sein de l’année France Colombie fera son retour en France au second semestre de l’année 2017.

Contact : louiscamille@hotmail.fr

 

Résumé de la thèse :

Se composant au croisement de la philosophie et de la dramaturgie, cette thèse vise à mettre en tension les modes d’inscriptions de la politique contemporaine ainsi que les régimes de perception qui s’y lient. De la représentation et des techniques de gouvernement à l’occupation telle qu’ont pu l’incarner les récents mouvements de protestation en Europe (place Syntagma, Athènes 2011 ; Taksim, Istanbul 2013 ; 15 M en Espagne...), une recomposition du sens et des formes de la politique se met en jeu tout en imposant un changement dans les grilles de l’analyse politique. Là où la critériologie de la science politique ou de la théorie économique établit le constat de l’échec ou de l’impuissance de ces mouvements, une approche expérimentale peut percevoir des commencements et des transformations. Il ne s’agit pas de réduire l’événement aux expériences et aux vécus cernés dans un temps défini et passé mais plutôt d’interroger l’événement depuis l’expérience d’un après, là où de tels moments politiques protestataires et inventifs deviennent « durée ». Le premier souci de cette thèse est de scruter les manières de percevoir ce qui s’est prolongé, ce qui a été modifié mais aussi ce qui, au moment où l’on établit le drame de notre « crise européenne », recompose une politique des peuples en Europe à partir de dramaturgies « obliques » dessinant un plateau cosmopolitique. Ces mouvements récents se singularisent par une redistribution des coordonnées de l’action (drama) politique dans une dimension d’emblée transfrontalière, « post-nationales » qui fait (ergon) monde. Au moment où les diagnostics de « fin » du projet européen se doublent de ceux du « retour » (au national, au foyer après avoir vécu sur la place ; aux préoccupations individuelles après avoir tenté un engagement commun), il a semblé nécessaire de tenir sur ces dramaturgies alternatives et de faire pleine place à ce qui se « voit » depuis les places et les plateaux qu’elles recomposent.

 

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