Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes 2019
Colloque international
Renaissance des Humanités ou cénotaphe de l’humanisme ?
Les (dé)constructions de l’humanité au XXI siècle (Histoire, Philosophie, Politique, Culture)
27, 28 et 29 mai 2019
27 mai, 9h-18h : Maison de l’Amérique Latine, 217 Bd. Saint-Germain (75007)
28 mai, 9h-19h : Université Paris 7, Halle aux Farines, Amphithéatre 12E, 5 rue Thomas Mann (75013)
29 mai, 10h-16h30 : FMSH, Forum de la bibliothèque, 54 Bd. Raspail (75006)
Renaissance des Humanités ou cénotaphe de l’humanisme ?
Toutes les dates : Montevideo : 11-12 mars 2019, Buenos Aires : 13-14 mars 2019, Santiago de Chili : 18-19 mars 2019, Valparaiso : 20-21 mars 2019, Valdivia : 22 mars 2019, Osorno : 25 mars 2019, Paris 27-29 mai 2019
Organisé par le Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie de l’Université Paris 8 (LLCP), le Laboratoire du changement social et politique de l’Université Paris 7 (LCSP), l’Institut des Hautes Études Latino-américaines de l’Université Paris 3 (IHEAL), le Centre de recherche sur l’action locale (CERAL) de l’Université Paris 13, la Red Internacional Pensamiento Crítico (RIPC), le Département de Philosophie de l’Université Autonome de Barcelone (Equipe de recherche : Justice et Démocratie : vers un nouveau modèle de solidarité, financée par le Ministère de l’Economie et Compétitivité de l’Espagne et la Chaire de philosophie contemporaine de l’Université de Barcelone), le Grecol-AL et la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) dans le cadre de la Semaine de l’Amérique Latine et des Caraïbes à Paris, avec le soutien de l’Institut des Amériques, avec la coopération de la Universidad de la Republica (Uruguay), Universidad de Chile, Universidad de Los Lagos, Universidad de Buenos Aires, Universitat Autònoma de Barcelona, Universidad de Valparaiso, Universidad de Playa Ancha et Universidad Austral (Valdivia).
Pourquoi faut-il encore une discussion sur la place de l’humanité dans un siècle qui pose systématiquement des formulations qui visent à son respect et à sa défense sans concession ? Pourquoi la reprendre à nouveau comme un topos d’interrogation ? Parallèlement aux préoccupations des gouvernements démocratiques de respecter les garanties que suppose l’existence de l’humanité, le temps présent nous apprend également sur les diverses figures de (dés)humanisation. L’éducation même semble être affectée par la disparition des "humanités" dans la formation de nouvelles générations de citoyens. D’une certaine manière, la question de l’Humanité serait alors une question inactuelle, c’est-à-dire intempestive. Il convient de noter en ce sens qu’être intempestif depuis Nietzsche et Françoise Proust, ce n’est pas penser et agir contre le temps présent, mais à l’inverse à contre-poil, scellant une autre façon de penser.
L’antérieur soulevant d’une certaine manière l’(in)actualité du présent. C’est ce que Walter Benjamin traduirait par avenir, qui est à la fois ce que le passé appelle et ce qui appelle au passé. L’intempestif n’est ni une tâche ni une obligation, mais un aspect à prendre en compte pour penser le temps présent, ses imaginaires, ses récits de monde, ses diverses actions de fabrication. L’idée d’humanité transite encore par des domaines qui bannissent son idéal le plus essentiel - comme l’est celui de donner naissance à l’idée d’homme - même s’il fut celui d’un horizon jamais atteint. Cet horizon inachevé interroge en même temps la figuration dans le présent du projet de la civilisation, même s’il est annoncé systématiquement par les progrès de la science et de la technologie et par les moyens néolibéraux pour se faire une idée de démocratie. Mais un questionnement sur l’humanité ne pourrait pas oublier la situation historique des femmes, leur « bannissement » des problèmes de la cité, sa manière d’affronter la constitution de l’espace publique. Cette (in)actualité du présent qui chemine sur ces fulgurations nous oblige à replacer un questionnement autour des sens de l’humanité. Est-ce qu’elle existe encore ? Quels sont les modes de son existence ? On pourrait dire en quelque sorte que l’humanité n’existe pas « là où elle existe », car avant l’expérience de l’histoire et des systèmes économiques, l’idée qu’elle a de la justice et du droit comme un idéal préconçu qu’elle poursuit, d’une idée de civilisation, ne se produit pas au moyen d’une simple transformation mécanique des modes de production, mais sous l’influence clairement ressentie de cet idéal. Idéal perdu de paix et de bonheur, d’égalité et de fraternité, qui est une réminiscence du mythe de l’âge d’or, de Platon, de Tomas Moro et de Campanella et de toutes les religions.
Alejandro Bilbao (Universidad de los Lagos), Patrice Vermeren (Université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis)
Participent à ce colloque : Sara Alonso Gómez (Universität Bern), Gisele Amaya dal Bó (Paris 13), Mariela Avila (Universidad Católica Silva Henríquez, Santiago), Andrea Benvenuto (EHESS), Hugo Biagini (Academia de Ciencias, Buenos Aires), Alejandro Bilbao (Universidad de Los Lagos, Osorno), Amalia Boyer (Universidad del Rosario, Bogotá), Laura Brondino (Université Paris 4/IDA), Fabienne Brugère (LLCP/Paris 8), Jean-Jacques Cadet (LLCP/Paris 8), Olivier Compagnon (IHEAL/Paris 3), Bernardo Correa (Universidad de Colombie), Gustavo Celedón (Universidad de Valparaiso), Felipe Ceppas (UFRJ), Gustavo Chataigner (PUC Rio de Janeiro), Patrick Cingolani (LCSP/Paris 7), Carlos Contreras (Universidad de Chile), Maurizio Coppola (EHESS), Laurence Cornu (Université de Tours), Bernardo Correa (Universidad Nacional de Colombia), Fedra Cuestas (Universidad de Los Lagos, Osorno), Marie Cuillerai (LSCP/Paris 7), Jorge Dávila (Universidad Los Andes, Merida/Venezuela), Sameh Dellaï (LLCP/Paris 8), Guadalupe Deza (Paris8/UPEM), Alessandro di Lima Francisco (PUC Sao Paulo), Rodrigo Díaz Maldonado (UNAM/Université d’Aix en Provence), Elena Donato (Universidad de Buenos Aires), Edelyn Dorismond (Université de Haïti/Collège International de Philosophie), Stéphane Douailler (LLCP/Paris 8), Ricardo Espinoza (PUC Valparaiso), Yves Duroux (CNRS), Alicia Farinati (UBA), Louise Ferté (Université de Lille), Victor Florian (Universidad de Colombia), Marcos Garcia de la Huerta (Universidad de Chile), Jean-René Garcia (Paris 13/Collège International de Philosophie), Horacio González (Universidad de Buenos Aires), Pilar González Bernaldo (Paris 7), Francisco Gordillo (EHESS), Claudia Gutierrez (Universidad de Chile), Xavier Insausti (Université de San Sebastián), Orazio Irrera (Paris 8/Collège international de philos ophie), Annie Kensey (CESDIP/CNRS/DAP), Yala Kisukidi (LLCP/Paris8/Collège international de philosophie), Anne Kupiec (LCSP/Paris 7), Guillaume Le Blanc (Paris 7), Eric Lecerf (LLCP/Paris 8), Laura Llevadot (Universidad de Barcelona), Michael Löwy (CNRS/EHESS), Luz-Maria Lozano (Universidad del Atlántico, Barranquilla), Martin Macías (LLCP/Paris 8), Edgardo Manero (CNRS-EHESS), Nicole Mathieu (CNRS), Teresa Montealegre (Universidad de Chile), Angélica Montes (ESSEC), Sabrina Moran (UBA), Didier Moreau (LLCP/Paris 8), Fernanda Mora (LLCP/Paris 8), Francisco Naishtat (Universidad de La Plata), Georges Navet (LLCP/Paris8), Bertrand Ogilvie (LLCP/Paris 8), Pedro Ortega (Funglode Saint Domingue), Elias Emir Perez (LLCP/Casa de la Filosofía, Uruguay), Nathalie Perrin (Paris 8), Paolo Quintili (Università diRoma « Tor Vergata »), Pham Quynh Chinh (Université de Hanoï), Marcelo Raffin (Conicet/UBA), Renzo Ragghianti (ENS Pise, Italie), Laura Reali (Paris 7), Matthieu Renault (LLCP/Paris8), Jordi Riba (Universidad Autónoma de Barcelona-LLCP Paris 8), Mercedes Risco (Université de Tucumán), Caroline Rolland-Diamond (Université de Nanterre/IDA), Denis Rolland (Recteur chancelier des Universités de Caen et de Rouen), Juan-Manuel Ruiz Jimenez (Université del Norte, Barranquilla), Diogo Sardinha (LLCP/Paris 8), Senda Sferco (Universidad del Litoral), Mariam Shengelia (LLCP/Paris 8), Guillaume Sibertin-Blanc (Institut de France), Françoise Simasotchi (Paris 8), Andrea Soto (LLCP/Conicyt), Diego Tatian (Universidad de Córdoba), Nelson Vallejo-Gomez (FMSH), Patrick Vauday (LLCP/Paris 8), Georges Vergara (Université RIPC/CLACSO), Pauline Vermeren (LCSP/Paris 7), Patrice Vermeren (LLCP/Paris 8), Susana Villavicencio (UBA), Francisco Verardi Boca (PUC Parana, Brésil), Ricardo Viscardi (UDELAR Montevideo), Jose-Eduardo Wesfreid (CNRS), Agostina Weler (LLCP/Paris 8/Universidad de Buenos Aires), Michel Wieviorka (FMSH), Barbara Zauli (LLCP/Paris 8).
Comité d’organisation : Alejandro Bilbao, Gisèle Amaya dal Bó, Laura Brondino, Gustavo Celedón, Gustavo Chataigner, Alexis Chausovsky, Olivier Compagnon, Maurizio Coppola, Martín Cortes, Fedra Cuestas, Marie Cuillerai, Guadalupe Deza, Elena Donato, Stéphane Douailler, Louise Ferté, Marcos García de la Huerta, Horacio González, Claudia Gutierrez, Xavier Insausti, Yala Kisukidi, Anne Kupiec, Luz María Lozano Suárez, Laura Llevadot, Martín Macías, Francisco Naishtat, Bertrand Ogilvie, Jordi Riba, Denis Rolland, Diogo Sardinha, Nelson Vallejo-Gomez, Pauline Vermeren, Patrice Vermeren, Susana Villavicencio, Ricardo Viscardi, Agostina Weler, Jose-Eduardo Wesfreid, Barbara Zauli.