DROUILLET Yohann 11.10.2019

UNIVERSITE PARIS 8 
VINCENNES SAINT-DENIS

Ecole doctorale Pratique et théorie du sens
Laboratoire d’étude et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie

Thèse
pour obtenir le grade de
docteur de l’université de Paris 8

Philosophie

Date de soutenance : 11 octobre 2019

 

Yohann Drouillet

 

Entre richesse heuristique potentielle et actualisation subtile : processus d’appréhension et épistémologie d’une formation

En quoi l’exercice d’une « douance » nécessiterait-il le recours à l’appréhension d’un formalisme ?

 

Directrice de thèse : Madame Laurence Cornu, professeur émérite, LLCP

Rapporteurs (dans le jury) :

  • M. Pierre Saurel, Maître de conférences HDR, ESPE Paris, SND FRE 3593
  • M. Dominic Drillon, Professeur, HDR, La Rochelle Business School, CeRIIM, CEREGE EA1722

Jury

  • M. Didier Moreau, Professeur, Université de Paris 8, LLCP EA 4008
  • Mme Leonore Bazinek, HDR, ERIAC EA 4705, Université de Rouen Normandie
  • M. Didier Moreau, Professeur, Université de Paris 8, LLCP EA 4008
  • Mme Leonore Bazinek, HDR, ERIAC EA 4705, Université de Rouen Normandie
  • M. Pierre Saurel, Maître de conférences HDR, ESPE Paris, SND FRE 3593
  • M. Dominic Drillon, Professeur, HDR, La Rochelle Business School, CeRIIM, CEREGE EA1722
  • Mme Laurence Cornu, Professeur émérite, LLCP EA 4008

 

Résumé de la thèse :

L’auteur, ayant tenu son journal durant 12 ans, fait l’épreuve de « l’exercice d’une philosophie en acte », qu’il entreprend de décrire, d’interroger à partir d’une expérience (consignée au quotidien) de ce qui - à la fois - "fait problème " et contribue de la "pose d’un problème". Le double statut de l’exercice, au sein de l’écrit, donne à voir l’émergence d’une posture - dite de "douance" - qui tente de s’affranchir de paradoxes néanmoins inéluctables.
En quoi évoquerait-on encore les qualités d’une « douance », celles d’être ou devenir doué de quelque chose, quand bien même son auteur ne saurait lui-même plus ce qu’il lui faut voir ou serait l’objet d’un non-rapport à son institution ?
Une caractérisation de ce processus, son heuristique, se découvrent au travers du dévoilement des différentes parties de la thèse. Suite à son introduction, un préambule aidant à la marche du lecteur accompagne le déroulement des parties suivantes.
La première partie, confrontée à une pratique du journal, déploie une problématique agissante en son sein dont les qualités peinent à en poser le problème. Mise en œuvre, elle lui résiste également, en en disant toutefois quelque chose au-delà de ses artéfacts. A défaut de ne pouvoir se nommer, apparaît une disponibilité compromise – au sens d’un champ à investir – qui cherche à travailler ses outils.
Une seconde partie invite à l’engagement de cette disponibilité que rien ne légitime comme « vraie », tout en nécessitant un protocole à l’œuvre paraissant inévitable, avant de n’être potentiellement nécessaire. Ce protocole reconnaît ses limites à la description d’un réel, invoquant en son sein une approche antiréaliste qui en aurait reconnu ses usages.
Une troisième partie inclut la pose du problème, la pose d’un protocole qui inclut ses non-rapports. Ces non-rapports présentent entre eux des qualités inextricables, à priori proches d’une incommensurabilité épistémologique, et dont la personne ne peut toutefois se satisfaire sans en lire et en éprouver les qualités. 
La quatrième partie fait un usage d’une pose de problème dont les hypothèses, ici à l’œuvre, ne sont pas assurées. Les usages de la thèse, du dispositif en cours, éprouvent alors ces non-rapports aux fins d’apprécier les « donnés à voir » de leur manifestation, leur incomplétude.
De ce constat, la thèse pourrait donner lieu à une toute autre interprétation possible des qualités d’une « douance » au sens d’être doué de quelque chose ou le devenir. L’ouverture à un inachèvement (en conclusion), dont les formes précisées (où le fait de « nommer en acte » épuise l’incomplétude de son donner à voir, en plus du donné à voir de son incomplétude), sont au service d’une posture.