MONGINI Claudia 12.04.2023

Titre de la thèse : L’émergence du concept de force chez Leibniz – entre physique et métaphysique
Auteur / Autrice : Claudia Mongini
Direction : Éric Alliez
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 12/04/2023
Etablissement(s) : Paris 8
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Pratiques et théories du sens
Equipe de recherche : Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie
Jury : Président / Présidente : Antonia Birnbaum. Examinateurs / Examinatrices : Anne-Lise Rey. Rapporteurs / Rapporteuses : Saverio Ansaldi, Sjoerd van Tuinen
DOI : 10.70675/3ce700fezc7eez4af7z8800z2f1cf6dd45ca

Résumé : La thèse s’attache à l’émergence et au développement du concept de force chez Leibniz, tel que son concept exprime une réalité physique qui échappe à la représentation cartésienne de l’espace. S’ensuit un examen approfondi de l’œuvre de Martial Guéroult, Dynamique et métaphysique leibniziennes, dont nous épousons l’argumentation lorsqu’il met en avant la liaison entre la métaphysique et la physique dès les premiers écrits du philosophe allemand, mais dont nous nous écartons quand cette relation présupposerait la subordination du concret à l’abstrait. Cette question nous amène à reprendre l’examen de la Disputatio metaphysica de principio individui (1663), dans lequel Leibniz instaure un rapport entre abstraction et singularité qui fait fond sur la conception scotiste de la matière active. Basée sur la proposition d’une unité métaphysique constituée par une multiplicité intrinsèque, la matière active est un composé qui rend compte de la possibilité même du changement. Cet agencement intervient de façon significative dans la construction du concept leibnizien de force ; il nous permet de saisir un rapport transversal entre la première définition de Leibniz, qui caractérise le corps et la vitesse dans leur traits spécifiques (De corporum concursu, 1678), et les formulations tardives où la force est conçue en tant que synthèse a priori. Par l’entremise de cette opération, l’accord entre ratio et réalité devient l’expression du rapport entre le concept et la singularité empirique. Nous montrons ainsi qu’en atteignant à l’univocité, la force leibnizienne constitue un réquisit du dispars deleuzien, c’est-à-dire de la différence ontologique conditionnant le sensible dans toutes ses variations.