Séminaire « Grammaire, langage et institution » 2017-2018

Antonia SOULEZ
Grammaire, langage et institution

 

Antonia Soulez mènera en 2017-2018 une série de cinq séminaires extérieurs au Collège international de philosophie (CIPh), à Paris, sur le thème « Grammaire, langage et institution ».

Les séances sont programmées le mercredi de 18h30 à 20h30 aux dates et lieux suivants :

  • 18 octobre 2017, lycée Henri IV ;
  • 15 novembre 2017, salle Maurice Allais du MESR ;
  • 13 décembre 2017, lycée Henri IV ;
  • 10 janvier 2018, lycée Henri IV ;
  • 31 janvier 2018, salle Germaine Tillion du MESR.

Adresses :

  • Lycée Henri IV : 23, rue Clovis à Paris dans le 5e ;
  • Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) : 25, rue de la Montagne Sainte Geneviève à Paris dans le 5e.

 

Ce projet parti d’une lecture de Wittgenstein sur le langage « dans le contexte de nos institutions » (Recherches Philosophiques §§ 337, 380, 540) veut mettre en évidence l’idée d’une conception du langage à l’échelle de l’usage public qui « nous » engage, compte tenu des dérives possibles entraînées par des phénomènes d’aliénation sémantique en particulier celui de la croyance sous influence et des préjugés inscrits dans nos modes de représentation. Il soutient l’hypothèse que ce que Husserl a qualifié de « crise » de la rationalité dans les sciences européennes, réclame une solution autre qu’un retour aux fondements de la rationalité à l’appel grec des « choses-mêmes ». Plutôt qu’une solution idéaliste à la « crise », il propose une analyse critique de l’idéalisation comme symptôme dont une forme de déréalisation est responsable, qui résulte d’une dissociation entre pensée et langage. Il invite à repenser l’articulation du langage et de la pensée en resituant celle-ci dans le site de nos institutions.

Cependant, l’idéalisation n’est pas le seul symptôme. Attentif à la vie de l’usage du langage en cité, Wittgenstein met le doigt sur d’autres dérives liées à des formes de domination invisible affectant l’expression. Dans cette perspective, deux « politiques du langage » qu’on dira démocratique et élitiste, se dessinent chez lui au début des années trente dans des textes tels que une Dictée « Philosophie » et une section du manuscrit du Big Typescript. Fort de l’apport de la critique viennoise du langage jointe à l’action transformatrice de la « grammaire philosophique » attachée à détecter la forme linguistique de nos préjugés dans des processus d’idéalisation, ce projet mobilise aussi des éléments venus de l’anthropologie et de la psychanalyse propres à ressaisir la pathologie de l’homme en groupe. Sous le nom de « penser collectif » (L. Fleck), des vues divergentes se laissent distinguer qui invitent au-delà d’un « accord dans le langage » qui ne soit pas simplement d’opinion (ainsi dans la science), à une critique des médias avant la lettre comme à projeter une lumière sur la fascination par des « chefs » (ainsi le terrorisme).

 


 

Séance du 31 janvier 2018

Invitée : Geneviève Brykman, professeur émérite à l’Université Paris Nanterre, sur le thème « Des pièges du langage à l’âge classique (Locke et Berkeley) ».

séance 31/01/2018

 


 

Séance du 10 janvier 2018

Rappel du statut du « nous » chez Wittgenstein (Fiches, § 173) et Adorno (« Chaque son dit nous »).

Bibliographie - séance du 10/01/2018

 


 

Séance du 13 décembre 2017

Examen de la question des rapports entre institution et musique, au carrefour de l’école de Francfort et du Cercle de Vienne. Qui est « nous » pour Adorno et Wittgenstein ? Peut-on aborder la question de l’aliénation du langage à travers la critique viennoise du langage (Karl Kraus, important pour Adorno comme pour Wittgenstein) à la lumière de l’argument adornien de la réification ? Invité : Stefano Oliva, Università di Roma Tre, Italie, sur le thème « Immédiateté et contexte d’usage : le geste musical entre Wittgenstein et Berio ».

 


 

Séance du 15 novembre 2017

Diffusion et commentaire de documents sur la double « politique du langage » chez Wittgenstein. Discussion sur les différents sens d’« institution » à partir d’une remarque de Wittgenstein selon laquelle le langage doit être considéré « dans le contexte de nos institutions » (Recherches Philosophiques § 337, § 380, § 540).
Lecture : article d’Antonia Soulez L’aliénation sémantique, paru en mai 2017 dans la revue en ligne Implications philosophiques.

calendrier & séance 15/11/2017
implications philosophiques

 


 

Séance du 18 octobre 2017

Séance consacrée au projet d’ensemble portant sur l’aliénation sémantique.
Confrontation des deux faces de la « politique du langage » de Wittgenstein, tirées du Big Typescript, 1933 et des Dictées à Waismann et pour Schlick.

 


 

Collège international de philosophie
Site d’Antonia Soulez

 

Programme et calendrier du séminaire 2017-2018
Lieux et inscriptions CIPH