Séminaire. PhiBE. Philosophie, biologie, écologie : interfaces épistémiques 2024-2025

Séminaire de recherche PhiBE
Philosophie, biologie, écologie : interfaces épistémiques
Organisé par : Andrea Angelini (Paris 8-LLCP), Matteo Mossio (CNRS-IHPST), Giuseppe Longo (ENS-CNSR)

Séminaire mensuel | Mercredi de 17h à 19h
École Normale Supérieure | 29 Rue d’Ulm, 75005 Paris
Visioconférence Zoom

 

A la suite du travail conduit depuis vingt ans au sein des séminaires « Complexité et information morphologiques » sous la direction de Giuseppe Longo – jadis en collaboration avec Francis Bailly et par la suite à côté de Matteo Mossio, Maël Montévil, Ana Soto et Carlos Sonnenschein – ce nouveau cycle de rencontres entend reprendre l’interrogation épistémologique et philosophique autour des sciences du vivant et la relancer en plusieurs directions.
Tout d’abord, ces séminaires ont pour but de prolonger et approfondir l’analyse des cadres théoriques qui – à travers l’étude de l’organisation et de la variation des êtres vivants – ont marqué la constitution de la biologie en tant que champs de recherche autonome et qui ont modifié profondément le regard sur la nature affirmé par les sciences physiques entre XVIIe et XVIIIe siècle. Dès le premier moment, cette autonomie a pu être seulement relative et contrastée. Inévitablement caractérisée par différentes approches méthodologiques et théoriques, constamment conditionnée par le contexte social et par les technologies politiques qui ont accompagné sa constitution et ses transformations, la biologie à toujours représenté un savoir de frontière à la limite entre plusieurs disciplines. Prise dans cette osmose constitutive avec les autres discours qui l’entourent et en tant que vecteur de nombreux transferts conceptuels (analogies, homologies, métaphores), le discours biologique a été toujours menacé dans son autonomie épistémique ou perçu comme une menace pour l’autonomie des autres sciences (comme dans le cas des sciences anthropologiques et sociales). En ce sens, il s’agira d’enquêter la constitution des concepts biologiques et leur circulation hors de leurs domaines de validité scientifique, mais aussi d’évaluer la contamination de ces concepts par d’autres disciplines – physique, technologie, économie, informatique – qui ont orienté leurs vicissitudes au cours du XIXe et XXe siècle.
Ce type de travail concerne également, et à plus forte raison, l’écologie et les sciences de l’environnement, alors qu’on considère leur singulière pluralité méthodologique et la complexité de leurs champs d’objectivation. Souvent considérée comme l’espace épistémique de rencontre entre “sciences naturelles” et “sciences humaines”, l’écologie peut être en fait reconnue comme la science transdisciplinaire par excellence, traversant les sciences biologiques, physiques et chimiques, allant jusqu’à l’anthropologie, l’éthologie et les sciences sociales, tout en passant par les sciences géographiques et géologiques ou par la cybernétique et la théorie des systèmes, ou encore par l’économie et les sciences de la santé. Un carrefour disciplinaire qui présente certainement – aussi en vertu de la centralité politique assumée par l’écologie dans les dernières décennies – d’importantes potentialités théoriques et pratiques, mais qui comporte néanmoins plusieurs risques et difficultés quant au caractère polysémique d’un grand nombre de notions comme celles d’organisme, société, population, communauté, régulation, santé, ou encore climat, milieu, environnement, écosystème, biodiversité etc. Des notions qui sont toujours à considérer dans leur pluralité et fluidité épistémique ainsi que dans leurs implications gouvernementales et dans leur exposition aux instrumentalisations les plus diverses.
Notre objectif sera donc celui de valoriser un travail théorique sur les interfaces épistémiques par lesquelles les sciences du vivant et de l’environnement ont toujours élaboré leurs cadres conceptuels. Un effort qui vise à garder la spécificité de la construction scientifique de connaissance sans toutefois faire abstraction de l’épaisseur historique, philosophique et sociale des concepts, afin de promouvoir une réflexion philosophique, épistémologique et politique sur l’histoire et l’actualité des sciences biologiques et écologiques.

 

Programme :

20 novembre 2024 (17h-19h)
Emanuel Bertrand (ESPCI Paris-PSL, SPHERE)
« Prigogine, Stengers, Monod et Thom : controverses autour des interfaces entre thermodynamique, philosophie, biologie et mathématiques »

9 décembre 2024 (17h-19h)
Roberto Finelli (Università Roma Tre)
« Abstraction of labour, abstraction of mind : an update on the Marxian view of proletarianization »

22 janvier 2025 (17h-19h), salle de séminaire du DEC
Angela Taddei (CNRS, Institut Curie, Paris)
« Le génome comme objet physique et biologique »

12 février 2025 (16h-18h), salle Emile Borel
Silvia De Monte (CNRS, IBENS, Paris)
« Species equivalence in diversity : trait heterogeneity and populations dynamics »
Séance partagée avec nos ami.e.s et collègues du Séminaire sur le vivant (PhilBioTheo), organisé par Maël Montévil, Caroline Petit et Anton Robert.

19 mars 2025 (17h-19h), salle de séminaire du DEC
Silvia Caianiello (CNR-ISPF, Naples)
Titre de l’intervention : TBA

2 avril 2025 (17h-19h), salle de séminaire du DEC
Sébastien Grevsmühl (CNRS, CRH-EHESS, Paris)
Titre de l’intervention : « Spaceship Earth, conjonctures d’une métaphore controversée »

30 avril 2025 (17h-19h), salle de séminaire Cavaillès
Alberto Vianelli (Università dell’Insubria)
Titre de l’intervention : TBA

21 mai 2025 (horaires à préciser), salle de séminaire Cavaillès
Walter Fontana (Harvard Medical School, Boston)
Titre de l’intervention : TBA

Juin 2025 (date à préciser), salle de séminaire Cavaillès
Patrizia D’Alessio (AISA Therapeutics)
Titre de l’intervention : TBA

 


 

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